RDC : les terribles images du volcan Nyiragongo en éruption

Avant de terminer sa course aux portes de Goma, la coulée de lave menaçante a contraint des dizaines de milliers d'habitants à fuir.

La population fuit Goma, suite à l'éruption du volcan Nyiragongo. - AFP

Le ciel est devenu rouge au-dessus de Goma samedi soir, dans l’est de la République démocratique du Congo, suite à l’éruption soudaine du volcan Nyiragongo. Celle-ci a pris tout le monde de court, y compris les autorités forcées de donner peu après l’ordre d’évacuer la ville qui compte 600.000 habitants.

volcan

Un vent de panique s’est ainsi mêlé à l’odeur de soufre. Des dizaines de milliers de Congolais ont fui en abandonnant leurs maisons, sans savoir s’ils allaient la retrouver un jour, ni dans quel état. À pied, à moto ou en voiture, certains ont pris la direction de la frontière rwandaise toute proche, tandis que d’autres ont préféré aller vers l’ouest de la ville pour atteindre la région de Masisi. Au fil des heures, et de la confirmation de la gravité de la situation, le flot des gens en fuite n’a cessé de grossir.

« Il y a beaucoup de monde sur la route, beaucoup de voitures, c’est la fuite », a raconté à l’AFP un habitant ayant embarqué sa famille dans sa voiture pour se diriger vers Sake, à 20 kilomètres de Goma. « Ça avance à pas de tortue, sur trois ou quatre voies. Les voitures sont remplies d’effets personnels, des matelas dans les coffres ou sur les toits », a-t-il témoigné. « Il y a des enfants, des femmes, des vieux qui sont à pied et la pluie s’invite, c’est compliqué. »

évacuation

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Aux portes de Goma

Les locaux se souviennent encore de la dernière éruption, en janvier 2002, qui avait causé la mort de plus de cent personnes, couvrant de lave quasiment toute la partie est de Goma, y compris la moitié de la piste de l’aéroport. Les victimes étaient pour la plupart des malades, des personnes âgées ou impotentes abandonnées à leur sort dans les quartiers nord de la ville coupée en deux par les coulées de lave qui se déversaient dans le Lac Kivu. Les plus âgés, eux, sont encore traumatisés de l’éruption la plus meurtrière, en 1977, qui avait fait plus de 600 morts.

Cette fois, le pire semble avoir été évité. L’immense coulée de lave descendue des flancs du volcan Nyiragongo a cessé sa progression vers Goma dans le courant de la nuit pour s’immobiliser dans les faubourgs nord-est de la ville. Si la capitale régionale du Nord-Kivu semble avoir été épargnée, plusieurs petits villages ont néanmoins été engloutis. Des amas de tôles tordues par la fournaise apparaissent ici et là sur la roche encore en fusion par endroit, s’étendant à perte de vue.

débris après le passage de la lave

éruption du volcan au congo

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« Ce matin nous avons vu que tout le quartier est parti en fumée, le feu est descendu jusqu’ici à partir du territoire de Nyiragongo », a témoigné sur place une habitante. « Il y a des gens qui ont perdu des biens, peut-être il y a aussi des morts, on ne sait pas », a confié le propriétaire d’un commerce épargné appelant le gouvernement à « venir en aide aux rescapés ». Un premier bilan provisoire fait également état de cinq personnes décédées dans des accidents lors des déplacements de population.

Garder un oeil sur le volcan

« Des gens commencent à regagner doucement leur domicile, la situation est plutôt calme pour le moment », a témoigné un habitant. Comme dans leur fuite la veille, ils reviennent avec leurs effets personnels, baluchons sur la tête, les enfants se donnant tous la main derrière les parents. « Mais la population a encore peur, elle est dans l’embarras car les autorités n’ont fait aucune communication ce matin », a-t-il ajouté.

« Il y a très peu de mouvement. Les gens se demandent si le volcan s’est arrêté, s’il va continuer, si la lave va réapparaître », expliquait un autre. Un responsable de l’Observatoire de volcanologie de la ville, Adalbert Muhindo, a appelé à la vigilance. « Des séismes se font encore sentir sur la sortie de la coulée de lave sur Goma », a-t-il commenté sur place. « Si jamais ces séismes provoquent une ouverture, cette coulée pourrait progresser de nouveau vers Goma. » Une grande réunion de crise élargie à la Monusco (mission de l’ONU dans le pays), les ONG internationales et nationales, le comité provincial de sécurité et la mairie se tiendra ce dimanche pour « évaluer la situation », a annoncé le général Constant Ndima.

éruption du volcan au congo

éruption du volcan

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