Après le cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, l’heure est au bilan

11 jours de combats, plus de 200 morts et des milliers de blessés. On fait le point, en quelques chiffres, sur les affrontements qui ont fait rage entre Israël et le Hamas.

Un enfant sur les décombres d'un bâtiment, à Gaza. - AFP

La décision laisse entrevoir une issue à ce conflit aussi tragique que complexe. Israël et le Hamas ont annoncé jeudi avoir approuvé un accord de cessez-le-feu visant à mettre fin à leur confrontation la plus meurtrière depuis des années. Cette trêve dans la bande de Gaza est officiellement entrée en vigueur ce vendredi à 2 heures, déclenchant des manifestations de joie dans ce micro-territoire palestinien de deux millions d’habitants sous blocus israélien depuis presque quinze ans.

« Ceci est l’euphorie de la victoire », a lancé Khalil Al-Hayya, numéro deux du mouvement islamiste au pouvoir, lors d’un discours devant une foule en liesse, promettant, en outre, de « reconstruire » les bâtimens réduits en miettes par les frappes israéliennes. Même chose côté israélien, Benyamin Netanyahou se félicitant vendredi midi du « succès exceptionnel » de l’offensive de l’armée israélienne.

Lourd bilan

Cet accord, favorisé par l’Egypte, met un terme à onze jours de combats. Au moins 243 Palestiniens sont morts, dont une soixantaine d’enfants, dans les bombardements israéliens sur Gaza. Du côté israélien, 12 personnes ont été tuées, les mouvements armés palestiniens ayant tiré plus de 4.000 roquettes vers l’État hébreu, dont 90% ont été interceptées par le système de défense antimissile israélien « Dôme de fer ».

Les pleurs de la mère d'un enfant palestinien tué lors des bombardements

Les pleurs de la mère d’un enfant palestinien tué lors des bombardements, le 11 mai. – AFP

Parmi ces victimes, on déplore une immense majorité de civils. Plus de 1.900 Palestiniens ont également été blessés, dont 560 enfants, selon le ministère de la Santé local. Côté israélien, le Magen David Adom, l’équivalent israélien de la Croix-Rouge, fait état de 357 blessés.

À la crise sécuritaire s’ajoute également le risque d’une crise humanitaire, avec environ 91.000 Palestiniens déplacés, selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha), et plus de 2.500 personnes ayant perdu leur maison dans les bombardements.

Par ailleurs, les secouristes recherchent toujours dans les décombres des survivants, après avoir retiré cinq dépouilles vendredi ainsi qu’une dizaine de survivants des tunnels souterrains bombardés par l’armée israélienne.

Retour sur l’escalade de violence

Le Hamas avait lancé les hostilités le 10 mai en tirant des salves de roquettes vers Israël, en « solidarité » avec les centaines de Palestiniens blessés lors d’affrontements avec la police israélienne, qui avaient lieu depuis quatre jours sur l’esplanade des Mosquées de Jérusalem, troisième lieu saint de l’islam, à la fin du mois sacré du ramadan. Le tout, sur fond de menace d’expulsion de familles palestiniennes au profit de colons juifs dans le quartier de Cheikh Jarrah, à Jérusalem-Est, secteur palestinien occupé et annexé par Israël.

Ce à quoi l’armée israélienne avait aussitôt riposté avec des raids aériens sur la bande de Gaza, nuit et jour, sans repos. Après Jérusalem et la bande de Gaza, le regain de violences s’est étendu aux villes mixtes où cohabitent Arabes et Juifs israéliens, mais aussi à la Cisjordanie, occupée par Israël depuis 1967.

frappe aérienne d'Israël sur la bande de Gaza

Frappe aérienne d’Israël sur la bande de Gaza, le 20 mai, soit peu avant le cessez-le-feu. – Reuters

Une trêve fragile

Si chacun se déclare vainqueur, il n’y en a en réalité aucun. Israël et le Hamas n’ont pas réussi à s’accorder sur le moindre terme, ce qui rend le cessez-le-feu fragile. En cas de violation de ce dernier, les deux parties ont déclaré qu’elles étaient prêtes à riposter. Même si, lors des précédentes opérations militaires d’envergure en 2009 et 2014, elles avaient globalement respecté la fin des combats.

Autre preuve que cette trêve est loin d’être synonyme de réconciliation : de nouveaux affrontements entre Palestiniens et policiers israéliens ont eu lieu vendredi dans Jérusalem-Est, à nouveau sur l’esplanade des Mosquées. « Un cessez-le-feu à Gaza n’est que le début, pas la fin », affirme sur Twitter Hugh Lovatt, spécialiste du conflit israélo-palestinien et analyste au Conseil européen des relations extérieures (ECFR). « Les médiateurs égyptiens et onusiens ont fait leur travail. Maintenant, le moment d’un engagement diplomatique international sérieux est venu pour empêcher la prochaine guerre. » Car, au final, le fond du problème n’est pas résolu.

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