Une étude confirme la capacité des chiens à dépister le Covid

Les premières conclusions d’une étude française, publiées mercredi, montrent des résultats impressionnants. Les chiens renifleurs pourraient être utiles pour sécuriser les événements de masse cet été.

©belgaimage-173739500/Le chien

Rien, ou presque, n’échappe à leur flair. En tout cas pas un minuscule virus de quelques nanomètres de diamètre. Depuis quelques mois déjà, des expériences sont menées pour savoir si les chiens renifleurs – à l’odorat de 30 à 50 fois plus développé que le nôtre – pouvaient aider à détecter une personne contaminée au Covid-19. À en croire les résultats d’une étude française, « la première de ce type réalisée au niveau international », le meilleur ami de l’homme serait bel et bien une alternative redoutable aux tests PCR et antigéniques.

L’étude, menée du 16 mars au 9 avril, comparait deux méthodes de dépistage du virus : le test de référence RT-PCR (par prélèvement nasopharyngé) et le test olfactif canin. Plus de 300 volontaires (âgés de 6 à 76 ans) y ont participé, ainsi que neuf chiens entraînés et des pompiers français et venus des Émirats arabes unis. Sur les 335 personnes testées, 109 étaient positives au test PCR. Le protocole était le suivant : les participants ont posé des compresses pendant deux minutes sous leurs aisselles. Les compresses étaient ensuite enfermées dans des bocaux, avant d’être reniflées par au moins deux chiens différents, n’ayant pas été au contact avec les volontaires.

Verdict ? « La sensibilité du test olfactif canin », soit la capacité du chien à détecter les vrais positifs, était de « 97% ». La proportion des vrais négatifs décelés, de « 91% ». « Ce sont d’excellents résultats, comparables avec ceux obtenus avec le test de référence » a commenté pour l’AFP le Pr Tréluyer, l’un des chercheurs ayant dirigé l’étude. « Le  test avec les chiens n’est pas destiné à remplacer [le test PCR], mais plutôt à cibler les gens qui doivent bénéficier d’un dépistage virologique et faciliter le dépistage de masse du fait de la rapidité de la réponse des chiens » a-t-il précisé.

6 chiens entraînés en Belgique

Cette étude française vient confirmer les résultats d’autres expériences sur la capacité des chiens à détecter une signature olfactive du Covid-19. Début mars, des chercheurs de l’université de Gand (UGent) ont formé six chiens pour déceler le coronavirus. Début mars, ils avaient indiqué être « impressionnés » par les résultats obtenus. Selon les chercheurs gantois, les chiens atteignaient une précision de 95%, soit une fiabilité très proche de celle observée dans l’étude française. Les chiens étaient également capables de détecter les nouveaux variants du virus. Le nombre de faux positifs était minime.

« Les résultats chez ces six chiens sont très prometteurs », jugeait le chercheur Chris Callewaert. De quoi, potentiellement, constituer un atout important pour réduire le risque d’infections lors d’événements de masse. Selon les chercheurs, il serait possible d’entraîner une centaine de chiens pour sécuriser de tels événements cet été, style Tomorrowland et autres.

À moyen terme, d’autres testeuses ambulantes, peut-être plus étonnantes mais très efficaces elles-aussi, pourraient être incorporées aux stratégies de dépistage. Aux Pays-Bas, des scientifiques sont en effet en train de former des abeilles à la détection du Covid-19. Celles-ci seraient capable d’identifier le virus en quelques instants. « Ça ne demande pas d’études scientifiques très coûteuses, le tout c’est de mettre en place le dispositif. C’est immédiat », a assuré l’un des chercheurs.

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