Boris Morenville sur le militaire activement recherché: « J’ai du mal à penser qu’un tel armement puisse avoir été volé à l’armée »

Dans le cadre de l'émission "Il faut qu'on parle", Boris Morenville, président du SLFP Défense, a répondu aux questions de Maxime Binet.

BelgaImage

Dans l’émission « Il faut qu’on parle », le journaliste Maxime Binet (DH Radio) recevait ce jeudi Boris Morenville, dirigeant responsable du SLFP Défense. Les deux hommes sont revenus sur la chasse à l’homme qui se déroule en ce moment dans le Limbourg. Un militaire âgé de 46 ans, potentiellement dangereux et qui pourrait être lourdement armé, est en effet en fuite et activement recherché. Celui-ci présente des idées d’extrême droite et a notamment menacé la vie du virologue Marc Van Ranst, qui a dû être placé en lieu sûr avec sa famille.

Quand on lui demande comment un individu aux idées extrêmes a pu intégrer l’armée, Boris Morenville appelle à la prudence. « Je rappelle qu’il y a toujours une présomption d’innocence même si on peut voir qu’il y a peut-être des faits incriminants à l’heure actuelle. Mais on laissera pour l’instant place à l’enquête. Il était certes fiché par l’Ocam [service qui analyse le niveau de la menace, NDLR] et il y avait peut-être des opinions. Mais il faut savoir que la Défense a un système disciplinaire bien sévère. Donc s’il y avait eu des faits précédents répressibles, c’est sûr et certain qu’il aurait été d’office écarté. »

Le responsable syndical, qui estime que les idées d’extrême droite ne sont pas un problème lié à l’armée mais plutôt un « problème de société », ajoute: « Les militaires sont soumis à des droits et des devoirs très stricts, beaucoup plus stricts qu’un simple citoyen. Alors évidemment personne n’est parfait. Il y a comme partout des brebis errantes. Mais il faut aussi souligner qu’ici, après quelques heures, on avait déjà toutes les informations sur l’individu. Tout était connu. Cela montre tout de même qu’il y a une surveillance accrue et que l’échange d’informations a été optimal entre les différents services. Ca s’est positif. »

En ce qui concerne les armes que l’homme en cavale possède (notamment des roquettes), Boris Morenville ne veut pas croire qu’il s’agisse du matériel dérobé à la Défense. « Pour moi, mais c’est une hypothèse qu’il faudra confirmer, j’ai du mal à penser qu’un tel armement puisse avoir été volé à l’armée. Puis je tiens à rappeler que toutes les armes en circulation sur le marché noir ou en libre circulation ne proviennent pas de la Défense. En Flandre par exemple, le mouvement Schild&Vrienden qui présente des caractères d’extrême droite était aussi parvenu à se procurer des armes. »

Le responsable syndical profite néanmoins de ce qu’il se passe actuellement pour lancer un cri d’alarme. Selon Boris Morenville, il est urgent d’améliorer les échanges de renseignement entre la Sûreté de l’Etat et les services militaires. « Cela va prendre du temps car ce sont des textes de lois à modifier mais on essaie de créer un statut unique entre la Sûreté, l’Ocam et la Défense », assure-t-il.

Plus d'actualité