Tests gratuits, quarantaine… le pass européen encore en débat

Il faudra faire preuve de flexibilité pour voyager cet été. Même avec le certificat sanitaire, chaque pays pourrait avancer des exigences particulières.

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Harmoniser les règles entre États membres, permettre la liberté de circulation et sauver la saison touristique estivale : voilà les enjeux qui pèsent sur le « passeport » ou certificat sanitaire (la Commission européenne parle également de certificat « numérique »). Autant dire que le sujet est crucial pour les 27, alors que l’Europe se déconfine et que les vacances d’été se rapprochent doucement. Ce pass devrait indiquer si une personne a été testée négative au Covid-19, a développé une immunité ou a été vaccinée. De quoi, en théorie, garantir une base commune (uniformisation des conditions d’accès au territoire, levée des obligations de quarantaine en vigueur, etc.) pour les déplacements au sein de l’UE.

La Commission européenne, qui a mis sur la table un projet de certificat sanitaire, espère que le système sera techniquement prêt au 1er juin et déployé dans l’ensemble de l’UE pour la fin juin. Mais, compétence nationale oblige, il revient à chacun des 27 de décider de ce que le certificat autorisera ou non sur son territoire. Et l’harmonie souhaitée pourrait bien faire défaut. Mardi soir, les négociateurs du Parlement européen, de la Commission et des États membres ne sont pas parvenus à un accord et ont renvoyé la suite des discussions à jeudi.

La gratuité, trop couteuse ?

Le principal point d’accrochage : les tests PCR, et leur gratuité. Vu l’état d’avancement des campagnes de vaccination, ces tests resteront la clé de voute pour des déplacements sûrs cet été. Chez nous, le Premier ministre Alexander De Croo a épinglé le 31 juillet comme date à laquelle chaque Belge devrait avoir eu l’occasion de recevoir une première dose. Or rien n’interdit, à ce stade, qu’un ou plusieurs des 27 ne fasse le choix de ne laisser rentrer que ceux ayant reçu leur deuxième dose. Pour tous les autres (probablement forts nombreux), il faudrait alors repasser par la case PCR. D’autant que les plus petits ne devraient pas être exemptés de dépistage : un test PCR négatif est par exemple exigé dès l’âge de 2 ans en Italie.

Sans même évoquer la capacité de testing qu’un tel certificat exigera, se pose le problème du coût du dispositif pour les particuliers. En fonction des zones de voyages et de l’évolution de l’épidémie, il est en effet possible de devoir se faire chatouiller le nez à plusieurs reprises. Et à 47,18 euros le test PCR en Belgique (contre 80 en moyenne en Allemagne ou en Espagne, et 200 (!) euros en Suède), le budget vacances pourra vite s’alourdir, surtout pour les familles.

Pour éviter toute discrimination entre les personnes vaccinées (qui n’ont pas dû débourser le moindre centime) et celles qui sont encore en attente, les eurodéputés ont insisté sur la gratuité des tests. Pour le Parlement européen, cet accès gratuit serait finançable par l’instrument d’aide d’urgence mis sur pied au début de la pandémie. Une mesure jugée trop couteuse par plusieurs États membres, dont la Belgique.

Mesures additionnelles

L’autre incertitude de taille concerne la levée des quarantaines obligatoires. En l’état, le certificat européen n’empêchera pas un pays d’imposer une quarantaine à l’arrivée sur le territoire.

Les 27 désirent en effet se réserver la possibilité de mettre en place des mesures additionnelles, en fonction de l’évolution de la sanitaire (par exemple si un variant très virulent émerge). Du côté de la Commission, on pousse vers l’harmonisation des règles à l’échelle du continent.

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