Burn-out et dépression : une épidémie loin d’être finie

En quatre ans, les burn-out et dépressions de longue durée ont augmenté de 40% en Belgique. Un mal qui touche de plus en plus les indépendants.

La santé mentale des Belges va mal. - Pexels

Au 31 décembre 2020, la Belgique comptait 471.040 personnes en invalidité, soit une incapacité de travail pendant plus d’un an, selon les données publiées ce lundi par l’Institut national d’assurance maladie-invalidité. Un chiffre en constante augmentation auquel s’ajoute un autre constat alarmant : parmi ces invalides, 111.732 le sont pour cause de dépression ou de burn-out. Soit une hausse de 39,23% par rapport à 2016.

Les troubles mentaux sont devenus la première cause d’invalidité en Belgique, devant les troubles locomoteurs. La santé mentale des Belges va mal, et ce n’est pas la crise du coronavirus qui va inverser la tendance.

Accumulation

Alors que l’impact du Covid-19 n’est pas encore visible dans les statistiques puisque celles-ci concernent l’incapacité de travail de longue durée, les prochains bilans risquent d’être dramatiques. Depuis plusieurs mois, les spécialistes de la santé ne cessent d’alerter sur le contrecoup psychosocial de la crise. Dans ses cabinets, le médecin généraliste et président du collège des médecins Christophe Barbut observe, lui, une « accélération » des demandes depuis trois, voire quatre mois. « Je pense que c’est juste l’accumulation », estime-t-il, au micro de RTL-TVi, appelant les personnes en difficulté à se tourner vers les psychologues de première ligne, recommandés par les médecins généralistes.    

Une nette hausse chez les indépendants

Bien que tous les statuts de travailleurs soient touchés par les troubles mentaux, ce sont davantage les indépendants qui en pâtissent de cette hausse : +50,93 % contre +38,72 % chez les salariés et les demandeurs d’emploi, selon les données publiées par l’Inami. Responsabilités, engagements, charge émotionnelle… la pression est d’autant plus importante que l’on est seul à faire tourner la boutique. Et la difficulté de s’arrêter ou de séparer vie professionnelle et vie privée n’arrange rien.

Un coût exorbitant

Cette explosion des incapacités de travail en raison de troubles mentaux n’a pas seulement un impact sur les personnes qui en souffrent et leurs proches, mais aussi sur leurs employeurs et la sécurité sociale. « De plus en plus de Belges sont absents de plus en plus longtemps pour cause de maladie. Cela implique donc un coût qui ne doit pas être sous-estimé pour les entreprises. En 2017, l’absentéisme pour cause de maladie a coûté aux entreprises belges en moyenne 1.010 euros par travailleur à temps plein », observait en 2018 François Lombard, Consultant HR chez SD Worx, leader belge des solutions de paie et de ressources humaines.  

Ces chiffres montrent qu’encore aujourd’hui, les entreprises accordent trop peu d’importance à ces problèmes. « Les risques psychosociaux y sont encore tabous », regrette Laurent Lorthioir, collaborateur au service Entreprises de la CSC dans les colonnes du Soir. « Et pourtant, il arrive que le problème concerne tout un service. Mais les employeurs comme les travailleurs sont souvent trop peu formés et informés sur ces risques et la manière de les prévenir. »

Plus d'actualité