Remco Evenepoel dans la roue d’Eddy Merckx

Ce dimanche, le jeune coureur belge pourrait s'emparer du maillot rose de leader du Tour d'Italie. Depuis les années Merckx, la Belgique n'avait plus eu autant d'espoir de remporter un grand Tour.

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« Le nouveau Merckx ». Le compliment l’agace. Du haut de ses vingt-et-un ans, Remco Evenepoel sait tout le poids que cette comparaison suscite. D’autant qu’il débute encore, lui qui est passé professionnel il y a deux ans à peine. Lui qui revient tout juste d’une grave blessure (fracture du bassin et contusion au poumon) après une chute de dix mètres au Tour de Lombardie le 15 août 2020.

Le Giro marque seulement son retour à la compétition et déjà, tout un pays se prend à rêver. « Il est là pour apprendre », a prévenu son directeur sportif Patrick Lefevere, ajoutant clairement qu’il n’avait aucune ambition pour son poulain sur ce qui est son premier grand Tour. Pourtant, une semaine plus tard, on en est à : « Il apprend vite ». Et, deuxième à 11 secondes du leader au matin d’une étape de montagne importante, ce dimanche marque une étape importante. Remco Evenepoel est-il vraiment parti pour être l’héritier d’Eddy Merckx ?

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Football et vélo

Au départ, il n’en était pas question. Né le 25 janvier 2000 à Schepdael, près de Dilbeek dans le Brabant flamand, il se tourne vers le football dès son plus jeune âge. A cinq ans, il entre à Anderlecht. Il jouera plus tard au PSV Eindhoven avant de revenir à Anderlecht, fera  partie des sélections des Diables rouges de moins de 15 et 16 ans. Mais, las d’attendre d’avoir sa chance avec les pros, il s’arrête net et se tourne vers le cyclisme.

Il a de qui tenir, son père, Patrick Evenepoel, était coureur professionnel dans les années 90. Rapidement, le fiston fait des miracles dans le circuit junior. En 2018, Patrick Lefevere le repère et le fait entrer dans l’équipe Quick Step, celle qui a vu passer Johann Museuw, Tom Boonen, Philippe Gilbert, Julian Alaphilippe… Autant dire la meilleure équipe belge et une des meilleures du monde. Remco a tout juste 19 ans et il entre dans le circuit professionnel.

Nouvelle génération

Il commence par le Tour de Turquie dont il termine quatrième. Il enchaîne avec le Tour de Belgique qu’il remporte. Et puis arrive sa première classique à San Sebastian. Il est supposé aider son leader Julian Alaphilippe, mais celui-ci abandonne en cours de route… La voie est tracée pour Remco qui ne se fait pas prier. A 19 ans et 7 mois, il devient le plus jeune vainqueur d’une course du World Tour.

Aussi à l’aise en contre-la-montre que dans les courses en ligne, Remco Evenepoel suscite les plus grands espoirs parmi les fans de deux roues. On le compare à Merckx, donc, on lui prédit des victoires dans le Tour de France, la Vuelta, le Giro, bref, on lui prédit un destin de grand, de très grand champion ! Et puis, c’est la chute. Une chute de dix mètres dans un fossé en Lombardie.

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Alors que Remco était en convalescence, la concurrence a explosé. Une jeune génération de cyclistes prend en effet le contrôle du peloton, renvoyant dans les oubliettes les tristes années Armstrong. Il y a le Colombien Bernal, vainqueur du Tour 2019, le Slovène Pogacar, vainqueur du Tour 2020, d’autres encore qui sont là aussi, comme lui, au Tour d’Italie. Un Giro qui marque à la fois son retour à la compétition et sa première participation à un grand Tour.

Remco Evenepoel peut-il réitérer les exploits d’Eddy Merckx ? On n’ose y penser, la route est tellement longue vers la victoire. Il n’empêche, il est permis de rêver.

 

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