Les cancers de la peau en nette augmentation en Belgique

C'est le type de cancer qui connaît la plus grande hausse de cas. À l’avenir, la situation pourrait être de plus en plus critique, alerte la Fondation contre le cancer.

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C’est une progression constante, et inquiétante. Chaque année, le cancer de la peau est toujours plus diagnostiqué en Belgique. En 2017, 41.200 cas de cancers de la peau étaient détectés chez nous. En 2018, on en dénombrait 43.745 (derniers chiffres disponibles). Dont 3500 mélanomes. 40% de l’ensemble des cancers diagnostiqués en Belgique sont un type de cancer de la peau, rappelle la Fondation contre le cancer, qui indique vouloir « inverser la tendance avec un plan d’action national d’envergure ».

Les spécialistes s’attendaient à une augmentation du nombre de diagnostics, en raison du vieillissement de la population. « Nous nous exposons au soleil de plus en plus depuis les années 60. Aujourd’hui, nous nous retrouvons avec ces enfants qui ont été davantage exposés à une époque où il n’y avait pas de conseils de prévention contre la nocivité de ces rayons. Je fais partie de cette génération-là, je sais de quoi je parle », expliquait à la RTBF Véronique Del Marmol, dermatologue à l’hôpital Erasme. 

De nos jours, le bronzage est un critère de beauté qui pousse parfois à s’exposer au-delà de ce que peut supporter notre peau. Et avec le réchauffement climatique, le nombre de jours ensoleillés implique plus d’exposition. Mentionnons également la diminution de la couche d’ozone, qui a exposé toute la génération du baby-boom à des indices UV plus élevés.

« Pas une fatalité »

Pour la Fondation contre le cancer, « l’augmentation du nombre de cancers de la peau est un signal d’alarme clair ». Et le fait que le nombre de diagnostics « double presque tous les dix ans » met la pression sur nos soins de santé, avec des temps d’attente « de plus en plus longs » pour un rendez-vous chez le dermatologue. Conséquence: certains patients reçoivent un diagnostic « trop tard« . À cet égard, la pandémie de Covid-19 aura également joué un rôle ; avec le confinement, les dépistages du cancer de la peau ont été presque totalement suspendus.

Selon la Fondation, l’avenir « nous réserve une situation de plus en plus critique ». 77.000 diagnostics sont en effet prévus d’ici à 2030. Ce qui, en plus du bilan humain, alourdira encore plus la facture des soins de santé, qui pourrait atteindre 3,2 milliards en 2034 sous l’effet de type de cancer, selon des prévisions réalisées en 2014 par l’UGent.

Pour autant, ceci n’est « pas une fatalité » juge la Fondation, qui avance quelques pistes de solutions. Parmi lesquelles l’interdiction, à terme, des bancs solaires, alors que notre pays reste « l’un des leaders » en termes d’utilisation des bancs solaires. La Fondation insiste également sur l’importance de la prévention, notamment à destination des enfants, ainsi que sur une meilleure « collaboration entre les disciplines [médecine générale, dermatologie, soins à la personne NDLR] en matière de diagnostic, de soins et de suivi ».

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