L’impact à double tranchant du télétravail

D'après une enquête menée en Belgique, le télétravail augmenterait la productivité, mais aussi la pression sur les travailleurs.

Le Codeco se penchera également ce mardi sur la question du télétravail. - Unsplash

Après plus d’un an de télétravail généralisé, l’heure est au bilan. Alors que les entreprises se montraient assez timides pour intégrer ce mode de fonctionnement, la crise du coronavirus ne leur a pas laissé le choix. Et ce changement brutal et imposé semble avoir porté ses fruits.

La moitié des travailleurs belges estiment que le travail à domicile augmente leur productivité, par rapport au bureau. C’est ce qu’il ressort en tout cas d’une enquête du prestataire de services RH ACERTA et du site d’emploi StepStone, réalisée auprès de 3.000 Belges actifs. Un tiers d’entre eux déclarent conserver à peu près la même productivité, et 15% à peine jugent qu’ils sont moins productifs que dans les locaux de l’entreprise.

Toute médaille a son revers

L’enquête révèle également que la moitié des personnes interrogées travaillent tout simplement davantage à domicile. 49% affirment prester désormais plus d’heures que précédemment au bureau, 41% autant et seuls 7% travaillent moins qu’au bureau.

« La disparition du trajet domicile-lieu de travail a soudainement ‘ajouté’ une à deux heures par jour pour bon nombre de travailleurs », explique Benoît Caufriez, directeur d’Acerta Consult. « Les chiffres montrent que la plupart des travailleurs occupent ce temps supplémentaire derrière leur ordinateur. Les entreprises mettent davantage l’accent sur les résultats plutôt que sur la présence, en raison du travail à domicile. C’est une bonne chose, mais cela augmente aussi la pression sur les travailleurs à domicile. »

L’élément perturbateur

Cette pression se ressent d’ailleurs dans les résultats de l’enquête, qui pointe également une augmentation de la charge de travail depuis la crise du coronavirus, selon 64% des répondants. Pour la moitié des travailleurs, l’équilibre vie privée-vie professionnelle est actuellement perturbé. Et c’est là que réside le danger, selon les experts d’Acerta.

« Les travailleurs se dépassent parfois chez eux. Il s’agit d’une observation importante dont les entreprises doivent déjà tenir compte maintenant, mais aussi certainement dès le retour partiel des collaborateurs au bureau », pointe Benoît Caufriez, appelant les directeurs et managers à élaborer des accords en matière de disponibilité « pour que le travailleur puisse évoluer dans ce nouvel environnement de travail à domicile ou hybride ». Car cette nouvelle réalité risque de perdurer après la crise sanitaire. En partie en tout cas.

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