Joe Biden et le retour du virus chinois

Le Président Joe Biden réussit en faisant tout le contraire de ce bon vieux Donald Trump. Sauf quand il s’agit de désigner l’ennemi national N°1 : la République populaire de Chine.

Joe Biden @BelgaImage

Joe Biden avance comme si son dernier mandat avait déjà commencé. Prions pour que ce soit par conviction politique et non sur avis médical. En tout cas, l’administration démocrate semble persuadée que son avenir ne se construira plus sur une timidité honteuse pour rassurer les électeurs entre deux camps.

Son pourcentage d’opinions favorables (entre 52 et 58%) écrase celui de Donald Trump au même stade de sa présidence (42%) malgré des décisions en rupture totale sur l’environnement, la fiscalité des riches, la gestion de la pandémie (69% de satisfaction sur ce point précis) et les droits de l’homme (reconnaissance du génocide arménien, Poutine décrit en assassin, Pékin averti pour son attitude vis-à-vis de Hong Kong, de Taïwan ou des Ouïghours).

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Une guerre est déclarée

Au passage, Biden a renoué avec cette grande tradition américaine de désigner à la nation ses ennemis majeurs. Ce ne sera manifestement plus les talibans en Afghanistan où le retrait des troupes US lancé par Trump a été confirmé (un attentat à Kaboul vient pourtant de faire plus de 50 morts et les talibans ne sont plus pressés de négocier, comme s’ils attendaient que l’armée afghane soit livrée à elle-même et à une arrière-garde de la CIA). Mieux ou plus fort, Biden se glisse dans les pas de son prédécesseur pour honnir la Chine communiste, malgré les 2 milliards de transactions par jour entre ces deux empires.

Inaugurée par Trump en 2018, la guerre commerciale entre ces deux super-puissances doit sans doute être prise en compte, mais il est difficile de donner tort au 46e Présidents des Etats-Unis. Ces deux dernières années ont montré que la Chine restait une dictature rouge, avec un Président Xi Jin Ping qui a modifié la Constitution pour pouvoir se représenter éternellement jusqu’à ce que momification s’en suive. Mais se fâcher au nom de valeurs est une diplomatie coûteuse, donc courageuse, car la république populaire a bien changé.

La dictature rouge aime le luxe

L’année prochaine, elle achètera à elle seule la moitié des produits de luxe français. Et cet Etat totalitaire est aussi désormais capable d’élaborer un partenariat avec la Russie pour installer une station sur la Lune. Il approvisionne «le monde libre » en smartphones (Huawei, Oppo, Xiaomi, OnePlus, RealMe), en 5G, en applications (Tik Tok) et peut-être même de l’espionne grâce à cette technologie.

La méfiance est d’ailleurs autant installée en Europe, premier débouché commercial de la Chine, qu’en Amérique. Même l’installation à Liège du géant de la vente Alibaba inquiète par avance notre Sureté nationale. N’en déplaise au PTB qui a toujours du mal à écorner les mythes d’antan et à Jean-Luc Crucke, très juge et partie en tant que ministre des Aéroports wallons, pour une fois étrangement d’accord pour ne pas condamner trop vite la Chine.

Un pays quand même à l’origine du mal SARS-CoV-2, qui a d’abord caché sa propagation et sa gravité, puis empêché une véritable enquête (l’Organisation mondiale de la Santé et un groupe de chercheurs français écartent de moins en moins l’hypothèse d’un virus échappé d’un labo d’études) et qui continue à soutenir que le Covid n’y a fait que 4 846 morts en 18 mois, le chiffre de l’Inde… hier.

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