Ce lundi, tout le monde retourne en classe

De la 1ère maternelle à la 6ème secondaire, tous les élèves reprennent place sur leurs bancs. Les classes doivent désormais être aérées avant , entre et après les cours. Pour les examens, le réseau officiel les a annulés et dans les autres réseaux, chaque établissement choisit.

Finis les cours derrière un écran. (Belga)

Le retour à un semblant de normalité, à un quotidien qui ressemble de plus en plus à 2019 et avant, continue en Belgique. Après la fin du couvre-feu et la réouverture des terrasses ce week-end, ce lundi marque le retour de tous les écoliers vers leurs classes. Fini le télétravail, le présentiel une semaine sur deux, la division en groupe et autres solutions imaginées par les écoles pour respecter les mesures sanitaires qui leur avaient été imposées. Désormais, de la maternelle à la 6e secondaire, tous les élèves peuvent retrouver leurs compagnons de classe pour les cours.

Évidemment, le masque, la distanciation et les gestes barrière restent d’application, mais les établissements scolaires doivent aussi prendre de nouvelles dispositions en matière d’aération.
Il faudra bien s’emballer pour aller aux cours puisqu’ils se donneront avec les fenêtres ouvertes. Et les prédictions météo des prochains jours n’ont rien d’estival. De plus, les classes doivent être aérées au début de la journée, entre chaque cours et après la dernière sonnerie. Le but : faire diminuer tant que possible le risque de contamination.

Cette obligation, qui ne semble pas difficile à respecter, a fait réagir les syndicats du monde enseignant. En effet, tous les bâtiments scolaires ne sont pas récents et il arrive que ce genre de mesure ne puisse être suivie partout. Dans des classes où de vieux châssis ne s’ouvriraient plus par exemple. Les syndicats font donc front commun et insistent pour que toute infraction à ce nouveau règlement leur soit signalée, qu’elle soit commise consciemment ou non.
Beaucoup d’écoles vont probablement se servir de cette demi-semaine pour s’habituer à ce retour et ses règles, puisque la semaine scolaire se termine déjà mercredi midi avant un très long week-end.

Pour combien de temps ? 

Comme pour l’Horeca, dans le milieu scolaire, on se demande si « cette fois, c’est la bonne » ou s’il faudra se remettre aux cours en visioconférence en juin ou en automne. 
En tout cas, c’est un scénario que n’exclut pas la circulaire encadrant ce retour à l’école, qui stipule que dans les écoles secondaires, qui étaient les dernières à travailler de manière hybride, pourraient décider de reprendre les cours à distance si le 100% présentiel devenait trop difficile à gérer à cause des absences liées au Covid. Mais un cadre a été défini : les cours en hybridation ne doivent durer que deux semaines maximum et tous les étudiants doivent avoir accès à un ordinateur.

Session sur mesure

Quant aux examens, si le réseau officiel de la Fédération Wallonie-Bruxelles a décidé d’annuler les examens afin de les cours soient donnés jusqu’à la fin du mois de juin, les enseignements communal, provincial et libre peuvent, eux, terminer cette année scolaire 2020-2021 comme bon leur semble. Certains établissements annulent aussi, d’autres les maintiennent en juin comme d’habitude et certains s’adaptent, avec des examens hors session, qui peuvent donc déjà se donner dès les prochaines semaines. 

Une situation qui ne manquera pas de créer inégalités et jalousies chez les adolescents de Bruxelles et de Wallonie. Au sein du corps enseignant, deux camps d’opinion se créent aussi indépendamment des réseaux et établissements : ceux qui jugent plus judicieux de profiter des dernières semaines de l’année pour aborder autant de matière que possible et ceux pour qui des examens sont indispensables.

Nicolas Tsasa, professeur de géographie qui a signé une carte blanche dans La Libre dernièrement, fait partie du deuxième groupe. « Avec ce laissez-passer presque général lié à la crise Covid, on dévalorise – si d’aventure cela était encore possible – le diplôme de secondaire et on crée par la même occasion une armée de jeunes gens inemployables : sans connaissances et dépourvus de compétences. Mais surtout, ces jeunes manqueront de la quatrième clé, de loin la plus importante, pour s’en sortir dans le monde « réel » : la volonté de travailler. La volonté de se mettre en mouvement, de fournir des efforts, de poursuivre des objectifs, d’évoluer, de surmonter les obstacles et de dépasser ses limites », a-t-il notamment écrit. 
 

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