Le coronapass fait toujours débat

Il pourrait être utile lors des grands événements de la fin de l’été, et permettrait de motiver les jeunes à se faire vacciner. Mais le gouvernement fédéral est divisé sur la question.

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Alors que ce samedi 8 mai voit le déploiement du plan plein air (ouverture des terrasses, parcs d’attractions, reprise d’événements culturels et sportifs en extérieur avec jauge limitée, etc.), l’évolution positive de la situation épidémiologique permet de tout doucement jeter un coup d’œil à la suite du programme. Mercredi 12 mai, le prochain Comité de concertation se réunira pour commencer à baliser les prochaines étapes du déconfinement. Le Codeco devrait aussi avoir l’occasion d’aborder la question du coronapass. Ce laisser-passer permettrait à son porteur d’accéder à certains événements et lieux, à condition d’être vacciné, de présenter un test PCR négatif ou un certificat d’immunité

Côté politique, on s’est déjà emparé du sujet. « Pour ceux qui ont été vaccinés, cela doit se traduire par un changement. On ne peut pas leur dire qu’il faudra attendre que les sceptiques se décident », avait déclaré le week-end dernier le ministre-président bruxellois, Rudi Vervoort (PS). Son président de parti, Paul Magnette, a depuis freiné quelque peu. Partenaire de majorité tant au Fédéral qu’à la Région, Ecolo ne s’est montré très chaud, par l’entremise d’Alain Maron, ministre bruxellois de la Santé. « Il n’y a pas de consensus, ni politique ni sociétal, par rapport à cela. Cela pose des questions opérationnelles et éthiques vertigineuses. À titre personnel, je suis assez circonspect sur le fait d’avancer dans cette direction », a-t-il expliqué dans les colonnes de l’Écho.

Sécuriser les événements de masse

En début de semaine, Alexander De Croo semblait lui aussi plutôt réticent à l’idée d’un coronapass. « Quand chacun aura eu la chance de se faire vacciner on doit pouvoir rendre plus de choses possibles aux gens vaccinés », a-t-il néanmoins précisé ce week-end à Sudpresse. Le Premier ministre verrait finalement bien un tel pass se déployer, mais seulement vers la fin de l’été, lorsque de (très ?) larges pans de la population auront pu avoir accès à la vaccination. Pour Alexander De Croo, un coronapass aurait du sens pour « des événements de masse ou de grande taille, comme des concerts ». Comme Tomorrowland : le festival, qui aura lieu fin août et début septembre, est un parfait candidat pour tester un dispositif qui permettrait de garantir sécurité sanitaire et une jauge réduite le moins possible.

Le libéral flamand devra toutefois convaincre son partenaire MR au sein du gouvernement fédéral. Le président des bleus, Georges-Louis Bouchez, a en effet fait savoir sur Twitter son opposition au coronapass:

Maintenant, pas dans six mois

Mais pour Yves Coppieters, la crainte de discrimination sur la base de la vaccination n’a pas lieu d’être. « Le pass est ouvert à un large public : les personnes vaccinées, les personnes qui ont des anticorps et celles qui ont un test négatif, argumentait le professeur de santé publique de l’ULB dans les colonnes de la Libre. La discrimination qui reste possible concerne donc l’accès au testing. Si on rendait, par exemple, le testing gratuit, ça ne serait pas discriminant. Je vois des jeunes autour de moi qui disent que ce n’est pas possible de s’acheter des tests plusieurs fois par mois. Et je le comprends, raison pour laquelle c’est sur le plan financier que la discrimination existe ».

Pour Yves Coppieters, le coronapass a une utilité, mais maintenant, pas dans six mois, quand la campagne de vaccination sera (normalement) terminée. « Ce pass, c’est une mesure transitoire envisageable jusqu’au moment où elle n’est plus utile d’un point de vue de la santé publique. Ce n’est donc pas une mesure qui doit s’inscrire dans la durée. Et ça, je crois que les politiques ne l’ont pas compris, tout comme les experts qui se disent opposés à l’idée puisqu’ils aiment centrer l’idée de ce pass sur la vaccination uniquement. Cela prouve qu’ils ne comprennent pas. Sauf que plus on attend, plus on perd du temps dans ce débat », concluait-il.

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