Précarité : les étudiants à l’assaut de la Fédération Wallonie-Bruxelles

Depuis mercredi, la Fédération des étudiants francophones (FEF) occupe le siège du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Ses membres réclament des mesures structurelles pour lutter contre la précarité étudiante.

© belgaimage-176015848/ Action étudiante au siège du gouvernement de la FWB, le 5 mai 2021

« Eh oh ! Gouvernement, tu nous entends ? », était l’un des slogans scandés par les étudiants. Vu qu’ils étaient une cinquantaine à occuper mercredi le hall d’entrée du 15, Place Surlet de Chokier, on ne s’avancera pas trop en répondant par l’affirmative à la place de l’intéressé. Ces membres de la FEF ont pris d’assaut le siège du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB). 5 étudiants y ont même passé la nuit, moyennant autorisation. Une rencontre avec la ministre de l’Enseignement supérieur Valérie Glatigny (MR) était programmée jeudi matin.

Une des banderoles déployées portait le message : « Stop précarité ». Il y a deux ans, la Fédération des étudiants francophones lançait en effet une campagne contre la précarité étudiante. Un phénomène que la crise sanitaire n’a pas manqué d’aggraver, estime la FEF. Selon cette dernière, il y aurait 80.000 étudiants du supérieur en situation de précarité.

10 millions d’aides urgentes

Depuis mars, la FEF s’est mobilisée chaque semaine pour réclamer des mesures structurelles contre la précarité étudiante. « Après plus de deux ans de mobilisation, les étudiants de la Communauté française espéraient que des mesures contre la précarité soient annoncées à l’issue du conclave budgétaire, détaille un communiqué de la FEF. À la place, la ministre a montré un réel mépris envers les étudiants en sortant une réforme du décret paysage qui touchera surtout les plus précaires d’entre eux ». Le 30 avril, la ministre Glatigny officialisait une réforme du décret, visant à empêcher les étudiants du supérieur de traîner trop longtemps derrière eux des crédits non validés. Beaucoup d’étudiants reportent en effet « trop de crédits d’une année à l’autre sans bien mesurer les conséquences de leur choix, et se retrouvent avec un sac à dos de crédits non validés », justifiait la ministre.

Pour la FEF, cette réforme risque de mettre en difficulté des étudiants déjà précarisés. Que du contraire, a rétorqué à Belga Valérie Glatigny, pour qui cette réforme du décret paysage permettra justement de « lutter ontre l’allongement des études dont l’impact est particulièrement important pour les étudiants les plus précarisés ». Et la ministre de rappeler au passage les 10 millions d’aides urgentes débloqués par le gouvernement de la FWB depuis le début de la crise sanitaire, qui sont venus s’ajouter aux 58 millions annuels de subsides sociaux alloués chaque année.

Carcans budgétaires

Mais pour la FEF, cela reste (beaucoup) trop peu. Sa présidente, Chems Mabrouk avançait récemment des solutions structurelles : généralisation du gel du minerval, diminution de divers droits d’inscription et encadrement des frais supplémentaires, révision du système d’allocation des bourses d’études…

Des solutions très ambitieuses, à confronter au contexte budgétaire extrêmement étriqué dans lequel se débat la Fédération Wallonie-Bruxelles… Selon l’Académie de recherche et d’enseignement supérieur (Ares), le coût d’une suppression complète du minerval coûterait 77 millions d’euros… par an. À titre de comparaison, la coalition PS/MR/Ecolo a promis un refinancement de l’enseignement supérieur à hauteur de 50 millions d’euros, à échelonner jusqu’en 2024.

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