Comment récupérer l’odorat après une infection au Covid ?

Si les papilles et narines des patients Covid se réveillent en général après quelques semaines, chez certains cela peut durer des mois et des mois. Des protocoles de rééducation existent.

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Vous avez eu beau vous asperger de parfum, renifler un cendrier, ou même vous être risqué un peu trop prêt de la litière du chat… Non, décidemment, il vous manque quelque chose. Peu de doutes : vous êtes probablement atteint d’anosmie, soit la perte totale de l’odorat. En ces temps de pandémie, voilà un mal des plus communs. C’est en effet l’un des symptômes fréquents du Covid, reconnu comme tel par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et par notre institut de santé publique Sciensano.

Selon plusieurs études scientifiques, l’anosmie concernerait entre 60 et 70% des patients atteints d’une forme légère de la maladie. Si une majorité de patients privés de l’odorat par le coronavirus le récupère en quelques semaines, « 10 à 15% » le perdent pour des mois, expliquait à l’AFP Valentina Parma, psychologue à l’université Temple de Philadelphie, et membre d’un consortium international de chercheurs, le GCCR, qui s’est constitué en début de pandémie pour étudier ce problème. Ce trouble pourrait concerner au moins 2 millions de personnes aux États-Unis, et plus de 10 millions dans le monde.

Comment l’explique-t-on ? Lors d’une contamination, le virus infecte la muqueuse olfactive, située au fond du nez, et impacte ainsi la capacité de détection des odeurs. Le sens du goût est également affecté par le virus, puisque les molécules odorantes libérées par la mastication ne sont plus correctement captées par l’organisme.

Ki-nez

Une bonne nouvelle, toutefois : comme l’indique France Inter, 95% des patients atteints d’anosmie retrouvent l’odorat dans les 6 mois. Et comme souvent, la rapidité du diagnostic est primordiale : selon la radio française, un traitement corticoïde local ou par voie interne dans les 15 jours limiterait les épisodes de « parosmie », c’est-à-dire la perception altérée des odeurs. Au-delà de ce délai, il n’y a pas de secrets : il va falloir passer par la case rééducation. De nombreux protocoles existent en la matière. « Il faut prendre des odeurs qui nous sont familières, son parfum, le café du matin, le curry qu’on aime cuisiner avec le poulet, les fleurs de son jardin, explique à France Inter le chirurgien ORL Jérôme Lechien, spécialiste des problèmes d’odorat. Il faut se forcer à sentir en regardant ce qu’on est en train de sentir, c’est très important de regarder l’odeur en même temps qu’on la renifle, ça permet au cerveau d’associer l’odeur à l’image, et on se rééduque comme ça. Il faut être patient, ça ne marche pas forcément tout de suite, mais il faut persévérer ».

D’autres chercheurs recommandent des stimulations olfactives via l’utilisation d’huiles essentielles. C’est notamment le cas du docteur Hirac Gurden, qui, avant la pandémie, avait créé un protocole pour travailler son odorat, en collaboration avec l’association Anosmie.org. Ce protocole de 12 à 16 semaines est disponible en ligne.

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