Saga des masques : la Justice passe à l’action dans le dossier Avrox

Le directeur d'Avrox, la société luxembourgeoise qui a fourni 15 millions de masques buccaux à la Belgique, aurait été interpellé à Cannes mardi. Plusieurs perquisitions ont eu lieu en Europe dans le cadre de ce dossier.

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C’est une information de Nice-Matin, rapportée par Belga et Le Soir. Selon le journal français, l’administrateur-délégué d’Avrox, Laurent Hericord, a été interpellé par la police judiciaire de Nice et déféré mercredi devant le parquet d’Aix-en-Provence. Mercredi soir, le parquet de Bruxelles confirmait l’information auprès du quotidien belge. Une potentielle extradition vers la Belgique sera examinée à partir du 12 mai par la justice française.

Voilà qui signe un nouveau coup d’accélérateur judiciaire dans le dossier Avrox. Selon une information du Soir confirmée par le parquet de Bruxelles, plusieurs perquisitions ont en effet eu lieu en Europe mardi. Celles-ci étaient en lien avec l’achat de masques Avrox par l’État belge, dans le cadre d’une instruction ayant pour objet des préventions de faux et usage de faux, escroquerie, blanchiment et entrave à la liberté des enchères. Coordonnées par Eurojust (l’unité de coopération judiciaire de l’Union européenne), ces perquisitions ont été notamment menées au Grand-Duché. A priori, le travail des enquêteurs semble donc être focalisé sur les gestionnaires d’Avrox, et non sur les représentants de l’État belge ayant passé commande lors de la première vague du Covid.

Mauvais choix

Pour rappel, au printemps dernier, la Belgique achetait 15 millions de masques en tissu à la société luxembourgeoise Avrox, pour près de 32 millions d’euros, dans le cadre d’un marché public lancé par la Défense. Ces masques ont été mis à la disposition du public, qui pouvait les retirer gratuitement en pharmacie. Pour remporter l’appel d’offres, une des conditions était d’avoir déjà fourni au moins 250 000 masques à un autre client. Avrox avait fait état d’une commande d’un million de masques honorée auprès d’un autre pays, tout en restant très discret sur l’identité du client.

Par la suite, Het Laatste Nieuws avait découvert qu’il s’agissait de la société offshore Bright Periods Consulting, basée à l’île Maurice et créée en septembre 2015. Problème : son directeur, un Brésilien dénommé Flavio D., est proche depuis au moins six ans d’un des actionnaires d’Avrox, dirigé par un héritier jordanien, un ex-patron de restaurant cannois et un ancien agent de foot. Ce qui laisse planer le doute sur la référence avancée sur Avrox pour remporter le marché.

En février, une étude de Sciensano confirmait combien les autorités belges avaient été mal inspirées en choisissant la société luxembourgeoise. Selon les premiers résultats de l’étude, des nanoparticules d’argent et de dioxyde de titane- potentiellement nocives pour la santé- ont en effet été détectées dans le modèle d’Avrox. Et ce, alors qu’elles n’étaient pas renseignées sur la notice. Dans la foulée, le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke, conseillait à tous les Belges d’arrêter de porter ce masque, par précaution. La distribution en pharmacie a également été suspendue. 6,6 millions de masques restent pour l’instant stockés à la caserne de Peutie. Inutilisables, jusqu’à nouvel ordre. 

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