« Plutôt que de chipoter avec la loi sur la hausse des salaires, il faut la modifier pour en enlever les effets pervers »

La secrétaire générale de la CSC, Marie-Hélène Ska, était l'invitée de Maxime Binet dans son émission "Il faut qu'on parle" sur DH Radio, ce mardi matin.

Marie-Hélène Ska @BelgaImage

Au micro de Maxime Binet, Marie-Hélène Ska est revenue sur l’épineux dossier des négociations salariales, qui a été remis dans les mains du gouvernement ce vendredi.

Après maintes négociations vouées à l’échec, une hausse des salaires est-elle encore possible? Pour Marie-Hélène Ska, la balle est désormais dans le camp du fédéral : « Il appartiendra au gouvernement de voir ce qu’il veut faire, s’il veut oui ou non répondre aux attentes légitimes d’un certain nombre de travailleuses et travailleurs qui ne se sont pas arrêtés durant toute la période corona, et qui aspirent simplement à pouvoir négocier librement leur salaire ».

Selon la secrétaire de la CSC, la loi de 1996, qui régit entre autres la marge salariale, est actuellement « dépassée par les faits ».

Par ailleurs, la secrétaire générale du syndicat chrétien a confirmé que les partenaires sociaux se rencontraient à nouveau cette semaine, et attendent une invitation de la part du gouvernement pour une nouvelle réunion.

Enfin, Marie-Hélène Ska a estimé que la hausse automatique des salaires n’était pas suffisante : « Cette hausse permet de compenser en partie la hausse du coût de la vie, de l’inflation. Le prix de l’immobilier continue à grimper, de plusieurs pourcents chaque année, mais votre salaire n’augmente pas de plusieurs pourcents chaque année. Les salaires sont en décrochage par rapport à l’évolution du niveau de la vie. L’inflation et l’index couvrent une partie de ces augmentations, mais ce n’est en rien une augmentation de votre capacité à utiliser votre revenu disponible », a-t-elle martelé.

La secrétaire du syndicat chrétien reconnaît la situation économique difficile dans laquelle la Belgique est actuellement plongée, notamment en raison de la crise sanitaire: « Nous sommes bien au clair sur le fait que la pandémie a des impacts extrêmement importants sur le secteur du travail », a-t-elle déclaré. « Nous ne sommes ni sourds ni aveugles. Nous demandons simplement que dans les entreprises et dans les secteurs, là où c’est possible, que l’on puisse négocier au-delà du 0,4% », a-t-elle conclu.

« Il faut revoir les modifications introduites en 2017 sur la loi de 96 »

Faut-il dès lors revoir la loi de 1996 qui balise les hausses salariales ? Pour Marie-Hélène Ska, la réponse est claire. « C’est une nécessité de revoir les modifications introduites en 2017 », assure-t-elle. « Beaucoup dans le monde politique avaient sous-estimé l’effet que pouvait avoir cette loi sur l’évolution des salaires. Beaucoup en ont pris conscience aujourd’hui. J’entends d’ailleurs de toutes parts qu’on dit ‘Oui il y a la loi, mais on se rend bien compte sans doute qu’elle est trop stricte et qu’il faudrait la modifier’. Plutôt que de chipoter avec la loi, nous demandons de la modifier clairement pour en enlever un certain nombre d’aspects tout à fait pervers qui ont été introduits en 2017. »

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