Le Belge est toujours le travailleur le plus taxé au monde

Ce sont les conclusions d’un rapport de l’OCDE, publié jeudi. La « pression » sur les salaires a toutefois légèrement diminué en 2020 avec la crise et a atteint son plus bas niveau depuis 2000.

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Ces dernières années, la Belgique occupait la tête des pays où la « pression » fiscale sur les revenus du travail était la plus forte. C’était encore le cas en 2020, si l’on en croit la dernière édition du rapport « Taxing wages 2021 » de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui compare le niveau de taxation des salaires dans ses 37 pays membres. Malgré une baisse de 0,76 point de pourcentage, un travailleur belge sans enfant (rémunéré au niveau du salaire moyen) était prélevé en 2020 à hauteur de 51,5% du coût salarial. La moyenne, dans l’OCDE, est de 34,6%.

Ce pourcentage exprime la différence entre ce que coûte un travailleur à l’employeur, et ce que le travailleur touche en net. Dans le cas belge, cela signifie que 51,5% de ce que débourse un employeur pour payer son salarié est capté par l’État, sous la forme, essentiellement, de cotisations de sécurité sociale et de l’impôt des personnes physiques (IPP). Juste derrière la Belgique, on retrouve l’Allemagne (49%), l’Autriche (47,3%) et la France (46,6%). Et tout en bas du classement, la Colombie (zéro), le Chili (7%) et la Nouvelle-Zélande (19,1%).

Recul du revenu des ménages

Pour les ménages avec enfants, la charge fiscale en Belgique a également baissé (de 1,23 p%), mais reste la plus lourde des 37 pays, avec 43,4%. Chez nous, la pression fiscale est moindre pour un travailleur avec des enfants à charge. Elle est de 34,99% (la moyenne est de 24,4%) pour un couple vivant sur un seul salaire, avec deux enfants à charge. Plusieurs pays, dont la Turquie (38,2%), présentent une fiscalité plus lourde à cet égard que la Belgique. Pour cette dernière catégorie de travailleurs, la pression fiscale a diminué en moyenne de 1,15%.

C’est que le Covid est passé par là : « le recul des revenus des ménages associé aux réformes fiscales liées à la pandémie sont à l’origine d’une baisse généralisée des impôts sur les salaires », note l’OCDE dans son rapport. Certains travailleurs ayant essuyé des pertes de salaires suite à la crise sont retombés dans des tranches d’imposition inférieures. Et les gouvernements ont voulu faire un geste, en baissant les cotisations ou en relevant temporairement les minimums imposables.

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