« La Boum » qui terrorise les autorités

A force de menacer de brandir le bâton, les autorités donnent un sentiment d'impuissance face à des jeunes qui ont cessé de les écouter.

Belga

Par quel bout le prendre ? Alexander De Croo joue, comme c’est devenu son habitude, le rôle du « good cop ». En fin de conférence de presse dont le but était de présenter le plan de relance national, le Premier ministre a évoqué  « La Boum 2 », invitant les gens à « ne pas tomber dans ce piège ».

Toute la semaine, il a été question de « La Boum 2 ». L’interpellation de Dave Monfort, porte-parole de L’Abîme, collectif qui « organise » l’événement, a été relayée dans tous les médias. L’intéressé s’en est assuré. Avant cela, la ministre de l’Intérieur avait tenté une approche envers ces « jeunes » qui n’attendent qu’à retourner danser. Approche maladroite, en vain.

Evénement Facebook temporairement supprimé

Hier, le parquet de Bruxelles avait convaincu Facebook de supprimer la page de l’événement. Celle-ci a réapparu ce matin. Plus de 28.000 personnes suivent l’événement, dont environ 9.000 ont déclaré qu’elles y participeraient, selon le collectif L’Abîme, qui l’a créé. Ce qui ne veut pas dire grand-chose, sinon que, oui, les gens sont bel et bien au courant qu’il se passera quelque chose au Bois de la Cambre samedi. Quoi ? Cela reste à voir, mais on s’attend surtout à un remake du 1er avril, en pire…

De son côté, Philippe Close, Bourgmestre de Bruxelles-Ville, se refuse à fermer l’accès au parc. Il a répété, par contre, toute la semaine ce qui allait se passer : « L’autorisation n’a pas été donnée pour l’événement ’La Boum 2’, annoncé sur les réseaux sociaux et qui devrait avoir lieu dans le Bois de la Cambre samedi, le 1er mai. La police surveillera l’événement et renforcera sa présence ».

Menaces, intimidation, impuissance

La police, justement, après avoir interrogé le porte-parole de l’Abîme en évoquant les chefs d’accusation d’incitation à la violence (!) et de création de milice privée (!!), recherche maintenant quatre personnes liées aux troubles de la première Boum. A l’instigation du parquet fédéral, un appel a spécialement été lancé pour les retrouver. Elle craint surtout que « certains casseurs profitent de ce genre d’événements démocratiques pour se joindre à la manifestation et casser du flic ». Ce qui est une manière de dire que tous ceux qui se trouveront au Bois samedi sauront à quoi s’en tenir…

Bref, toutes les formes de menace et d’intimidation ont eu cours pour dissuader les gens de venir. Cela laisse surtout penser que les autorités ne savent pas comment prendre le problème. Et avant cela, comment parler aux jeunes sauf à les pointer du doigt. Comment leur faire comprendre, simplement, que les chiffres vont dans le bon sens, que la campagne de vaccination avance, mais qu’il est encore trop tôt pour faire la fête. Quelque part, il y a une cassure. Et les autorités semblent surtout impuissantes face à une jeunesse qui a cessé des les écouter – et de les croire.

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