Les 100 premiers jours de Joe Biden en photos

Le nouveau président des États-Unis a enchaîné les réformes mais a aussi fait face à ses premiers défis. Retour sur les trois mois qui ont tourné la page Trump.

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Ce jeudi, Joe Biden arrive à la fin de la traditionnelle «période de grâce», c’est-à-dire les 100 premiers jours du nouveau locataire de la Maison Blanche. Les plus moqueurs prévoyaient un mandat au style lent voire somnolent, digne de celui qui est surnommé «Sleepy Joe» (Joe l’endormi). Finalement, c’est tout le contraire qui s’est passé! Depuis le 20 janvier, Joe Biden est passé de réforme en réforme, avec parfois déjà des réussites au compteur, comme la gestion de la campagne de la vaccination américaine. Voici un bilan en images de ce début de présidence au style très différent de celui de Donald Trump

Un début marquant

Biden signant ses premiers décrets, le 20 janvier 2021. @BelgaImage

Biden signant ses premiers décrets, le 20 janvier 2021. @BelgaImage

Comme le veut la coutume, le premier jour du mandat du nouveau président a été marqué par la signature de décrets en série. Et après le passage tumultueux de son prédécesseur, il y avait de quoi faire! Joe Biden a donc signé 17 documents le 20 janvier. Parmi ceux-ci, on trouve celui qui acte le retour des États-Unis dans l’accord de Paris sur le climat. Le giga-projet d’oléoduc Keystone XL, autorisé par Trump et hautement polémique? À la poubelle. Joe Biden impose aussi le port du masque, alors que le président sortant l’avait négligé. Les USA réintègrent l’OMS, inaugurent une nouvelle politique pour faire progresser l’équité raciale, et un décret vise à combattre la discrimination fondée sur le genre ou l’orientation sexuelle. Le lendemain, le 21 janvier, Joe Biden signe ensuite d’autres décrets, notamment pour renforcer le testing et les mesures de quarantaine contre le Covid-19, aider les petites entreprises et offrir des chèques de soutien aux familles.

Le défi réussi de la vaccination

Discours de Joe Biden sur le cap des 200 doses de vaccins distribuées aux USA, le 21 avril. @BelgaImage

Discours de Joe Biden sur le cap des 200 millions de doses de vaccins distribuées aux USA, le 21 avril. @BelgaImage

Si Joe Biden était attendu au tournant sur un dossier, c’est bien sur celui du coronavirus. Quelques jours avant son investiture, il a promis que les Américains auraient 100 millions de doses de vaccins pour les 100 premiers jours de son mandat. La semaine dernière, c’est finalement la barre des 200 millions qui a été dépassée. Près de 43% des Américains ont aujourd’hui eu leur première dose. En comparaison, la Belgique vient d’atteindre les 30% de vaccination pour sa seule population adulte. Les décès journaliers sont au plus bas depuis juillet 2020 et les États-Unis ont tourné la page de la vague de contaminations de l’hiver dernier. Reste à éviter une nouvelle flambée épidémique tout en redémarrant l’économie.

Le « New Deal » à la sauce Biden

La présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, tenant le plan de relance de Joe Biden le 10 mars. @BelgaImage

La présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, tenant le plan de relance de Joe Biden le 10 mars. @BelgaImage

L’économie, c’est justement sur ce sujet que Joe Biden a le plus surpris. À la manière d’un Franklin Roosevelt, Joe Biden a mis sur pied une sorte de «New Deal» pour relancer la machine USA. Un plan colossal de 1.900 milliards de dollars d’aide a été voté en mars dernier. Les républicains ont fait bloc contre ce projet mais puisque les démocrates sont majoritaires dans les deux chambres du Congrès, il a été adopté. 400 milliards vont être dédiés aux chèques d’aides directes aux familles, 126 milliards aux écoles et 350 milliards aux États et collectivités locales. Enfin, les allocations chômage exceptionnelles qui expiraient le 14 mars ont été prolongées jusqu’en septembre.

Un président très actif sur la scène internationale

Joe Biden au cimetière national d’Arlington le 14 avril, juste après son annonce sur le retrait des troupes américaines d’Afghanistan. @BelgaImage

Joe Biden au cimetière national d’Arlington le 14 avril, juste après son annonce sur le retrait des troupes américaines d’Afghanistan. @BelgaImage

Joe Biden a également tenu à démentir ceux qui pensaient qu’il serait mou sur le plan international. Il s’est ainsi montré très ferme face à la Russie. Lorsqu’il lui a été demandé en interview s’il pensait que Vladimir Poutine était «un tueur», il a répondu «oui, je le pense». Les deux présidents doivent se rencontrer en juin prochain lors d’une réunion qui sera sûrement très suivie. Joe Biden n’a pas non plus hésité à se montrer dur avec la Chine. Lors de son premier entretien avec Xi Jinping, il a fait part de ses «préoccupations» au sujet de la répression à Hong Kong et à l’encontre des Ouïghours. Vis-à-vis de la Turquie, il a jeté un pavé dans la mare en reconnaissant le génocide arménien perpétré par l’empire ottoman.

Au Moyen-Orient, là où Donald Trump était un soutien indéfectible de Riyad et d’Israël contre Téhéran, Joe Biden a voulu rétablir la balance, à l’instar de Barack Obama. Les négociations sur le nucléaire iranien ont repris, l’Arabie saoudite est mise en garde pour ses attaques contre les journalistes comme Jamal Khashoggi, et la Palestine est à nouveau soutenue par les USA. Ce rééquilibrage reste toutefois bien dosé pour ne pas basculer dans l’extrême inverse. A priori, c’est réussi puisque le prince Mohammed ben Salman a affirmé être à 90% d’accord avec Joe Biden, comme si c’était un signe d’apaisement. Enfin, plus délicat: le retrait des États-Unis d’Afghanistan. Décidé par Trump pour mai, Biden a voulu l’étaler jusqu’au 11 septembre. La conférence d’Istanbul qui devait prévoir le redéploiement des forces internationales dans la région a toutefois été ajourné. Cela aura-t-il des conséquences fâcheuses? L’avenir le dira.

La fin du climatoscepticisme américain

Conférence du sommet pour le climat, le 23 avril, vue depuis la Maison Blanche. @BelgaImage

Conférence du sommet pour le climat, le 23 avril, vue depuis la Maison Blanche. @BelgaImage

Sur le plan de la lutte contre le changement climatique, Joe Biden était également très attendu. Certes, il a frappé fort dès le premier jour avec le retour dans l’accord de Paris mais il en fallait plus pour rattraper le retard de l’ère Trump. Ce coup de force, cela a été le sommet sur le climat d’avril. Les observateurs craignaient qu’il n’y ait que peu d’avancées mais finalement, le bilan est plutôt positif. Les USA ont promis une diminution plus importante des émission de gaz à effet de serre: non pas 26-28% pour 2025 comme avait promis Barack Obama mais 50% désormais. D’autres États ont suivi le mouvement avec d’autres propositions: l’Union européenne, le Royaume-Uni le Japon, le Canada…

L’éternel problème des armes

Une mère prend sa fille dans ses bras à l’église de Boulder, Colorado, quelques jours après la fusillade ayant fait 10 morts. @BelgaImage

Une mère prend sa fille dans ses bras à l’église de Boulder, Colorado, quelques jours après la fusillade ayant fait 10 morts. @BelgaImage

L’arrivée de Joe Biden au pouvoir n’a cependant pas mis un terme au problème des armes à feu. Le 16 mars, une fusillade à Atlanta a visé la communauté chinoise de la ville, ce qui a provoqué un grand émoi parmi les Américains d’origine asiatique. Le 22 mars, une autre attaque dans un supermarché a fait 10 morts à Boulder, dans le Colorado. Pour répondre à cette situation, Joe Biden a dévoilé le 8 avril plusieurs mesures pour mieux encadrer le marché des armes à feu. Un premier pas puisque le ministre de la Justice a été chargé de travailler sur de nouvelles propositions pour continuer en ce sens.

Le cancer de la discrimination aux USA

Une foule lève le poing vers le ciel à Minneapolis juste après que le policier Derek Chauvin ait été reconnu coupable de la mort de George Floyd. @BelgaImage

Une foule lève le poing vers le ciel à Minneapolis, juste après que le policier Derek Chauvin ait été reconnu coupable de la mort de George Floyd. @BelgaImage

Le racisme est l’autre sujet sensible aux États-Unis. Ici, les 100 premiers jours de Biden ont été marqués par le procès du policier Derek Chauvin. Il y a quelques jours, il a été reconnu coupable de la mort de l’Afro-Américain George Floyd. Une décision du tribunal saluée par le président, qui est à des années-lumière du style belliqueux de Trump vis-à-vis de la communauté noire. Ce changement de ton est également visible concernant les LGBT+. Joe Biden a par exemple demandé aux agences américaines de mettre en place un plan d’action pour promouvoir les droits des minorités sexuelles dans le monde. Maintenant, est-ce que le président réussira à aller encore plus loin sur ces deux fronts? Un projet de réforme de la police a été adopté le 4 mars pour lutter contre les violences policières et cela devrait aider mais les observateurs demandent encore à voir.

La frontière sous haute tension

Vue aérienne des demandeurs d’asile à Tijuana, au Mexique, qui attendent le feu vert des autorités pour passer en Californie. @BelgaImage

Vue aérienne des demandeurs d’asile à Tijuana, au Mexique, qui attendent le feu vert des autorités pour passer en Californie. @BelgaImage

Enfin, il reste l’un des sujets les plus épineux pour Joe Biden: les migrants. Il a d’abord concentré ses efforts pour réformer les services d’immigration, connus pour être intraitables voire violents sous Trump. Mais en février, plus de 100.000 personnes se sont amassées à la frontière pour passer aux États-Unis. Un niveau inédit depuis deux ans. Les républicains, Donald Trump en tête, n’ont pas manqué l’occasion pour brandir l’étendard de «l’appel d’air». Pour l’instant, Joe Biden a décidé de garder le plafond de seulement 15.000 réfugiés admis aux USA. Cela a fait un tollé chez les démocrates qui ont critiqué un taux extrêmement bas. Le président devrait progressivement le relever d’ici les prochains mois mais la nouvelle administration n’évoque plus officiellement un plafond à 125.000 dès la prochaine budgétaire prochaine, pourtant brandir comme argument de campagne auparavant.

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