Vers une reconnaissance du covid long en Belgique ?

Le gouvernement pourrait bientôt reconnaître officiellement les malades du Covid de longue durée. La Chambre a approuvé une proposition de résolution en ce sens.

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Fin février, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) insistait sur la nécessité de considérer le covid long comme une priorité « de la plus haute importance ». « Le fardeau est réel et significatif: environ un malade du Covid-19 sur dix reste souffrant après 12 semaines, et souvent pour beaucoup plus longtemps » indiquait alors Hans Kluge, le directeur européen de l’organisation sanitaire. 1 sur 10 : rapporté au total du nombre de contaminations confirmées en Belgique -955 056 à ce jour-, la proportion donne un aperçu du problème, même s’il faut lui soustraire tous les cas (probablement la majorité) d’asymptomatiques.

Malgré quelques études sur la question, on ne sait toujours pas vraiment pourquoi certains malades du Covid-19 traînent, parfois des mois après l’infection, des symptômes comme une fatigue extrême, des difficultés respiratoires, de la tachycardie ou des troubles neurologiques. Pour un malade du Covid long, lever les bras peut demander « un effort impensable », comme le racontait à Moustique une patiente. 

Encore trop peu connus- et donc trop peu reconnus-, ces malades n’ont jusqu’ici pas pu faire face de la même manière. Bilans neuro-psy, séances de revalidation pulmonaire ou de kiné, suivi psychologique… le Covid long entraîne des frais qu’il faut pouvoir supporter. « Un bilan neuro-psy coûte par exemple 170 € et n’est pas remboursé. Certains doivent choisir entre plusieurs frais, voire y renoncer pour continuer à payer leurs factures » expliquait au Soir Anne-Sophie Spiette, une malade de longue durée.

La fin de la traversée du désert ?

Ceci pourrait bientôt prendre fin. En commission Santé, la Chambre a approuvé mardi à l’unanimité une proposition de résolution demandant au gouvernement de reconnaître le Covid de longue durée. Un texte issu de la majorité, puis amendé par l’opposition. La résolution visait à intégrer le Covid long dans le maximum à facturer (fixé par l’Inami, il garantit un remboursement par la mutuelle au-delà d’un certain plafond) et à promouvoir une approche multidisciplinaire de soutien aux malades.

« Les Auditions [de patients à la Chambre, ndlr] nous ont montré qu’il y avait un problème de reconnaissance mais aussi de sensibilisation à mener pour des patients qui ne savent pas de quel mal ils souffrent et un public qui parfois ne comprend pas que des personnes ne reprennent pas le travail des mois après avoir été atteintes », a expliqué à Belga le député Patrick Prévot (PS). « J’espère que c’est la fin de la traversée du désert pour des personnes qui se sentent incomprises et un premier grand pas vers la prise en charge de cette maladie », a-t-il lancé. Reste maintenant à voir ce que le gouvernement fédéral fera concrètement du signal envoyé, et s’il suivra ou non ce que lui ont prescrit les parlementaires.

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