Le duel : Washington-Kaboul, aller-retour

Joe Biden a promis de retirer ses troupes d’Afghanistan d’ici le 11 septembre. Symbolique. Mais très délicat aussi.

Joe Biden visite la Section 60 du Arlington National Cemetery à Arlington en Virginie après avoir annoncé sa volonté de retirer les troupes US d'Afghanistan. @BelgaImage

Otan

Deux Viêtnam et demi
La guerre que mène l’Amérique – aux côtés de l’Otan – en Afghanistan est la plus longue de son histoire: 20 ans contre 8 au Viêtnam. Au plus fort de sa présence, ­quelque 110.000 soldats américains y étaient déployés, contre 2.500 aujourd’hui. 2.300 militaires américains ont été tués, ainsi que des dizaines de milliers d’Afghans.

Échec
Aux côtés des États-Unis, 48 membres de l’Otan (dont la Belgique) ont envoyé des troupes en Afghanistan, soit jusqu’à 150.000 hommes issus de 48 États. Si elle a rapidement libéré Kaboul des talibans, accusés d’avoir accueilli al-Qaida et Oussama ben Laden, la coalition s’est embourbée, échouant à s’opposer à l’insurrection talibane et aux attaques d’al-Qaida, puis de l’État islamique à partir de janvier 2015.

Sans condition
Les troupes de l’Otan partiront d’Afghanistan d’ici le 11 septembre, jour du 20e anniversaire des attentats de 2001 aux États-Unis, qui avaient justement déclenché l’intervention en Afghanistan. Et ce, sans condition. Selon Joe Biden, “une approche conditionnelle est la recette assurée pour rester en Afghanistan à vie”.

Et après?
Donald Trump avait conclu un accord avec les talibans, prévoyant un retrait au 1er mai contre l’assurance qu’aucun groupe terroriste n’opère depuis les territoires afghans. Sauf que le Pentagone en doute…

Talibans

Émirat islamique
Les talibans, mouvement islamiste radical autoproclamé s’est répandu en Afghanistan et au Pakistan depuis 1994, menant une guerre contre le gouvernement afghan. Après la prise de Kaboul en 1996, les ­talibans ont instauré le régime de l’Émirat islamique d’Afghanistan, avec à sa tête le mollah Omar.

Rigoristes pragmatiques
Depuis sa défaite de 2001, après l’intervention américaine post-11 septembre, le mouvement rigoriste a ­réorienté ses options politiques. Notamment à propos de la culture du pavot, dont ils maîtrisent aujourd’hui la très rentable filière de production.

Kaboul tombera
Les rebelles afghans se sont abstenus d’attaquer les ­forces étrangères depuis l’accord américano-taliban de février 2020. Les affrontements restent cependant très violents sur le terrain entre les talibans et les forces afghanes. Selon le renseignement US,  Kaboul devrait “peiner à résister” en cas de départ de la coalition internationale.

Négociations de paix
Les talibans devaient entamer des négociations de paix directement avec le pouvoir afghan. Mais ils pré­viennent aujourd’hui que “avant que toutes les forces étrangères se soient complètement retirées de notre pays natal, [nous] ne participerons à aucune conférence qui prendrait des décisions sur l’Afghanistan”.

 

Sur le même sujet
Plus d'actualité