La révolte des communes pour la réouverture de l’Horeca

“En mai, fais ce qu’il te plaît”, ont rappelé restaurateurs et bourgmestres. Une bonne idée?

Maxime Prévot @BelgaImage

Selon le Comité de concertation, les terrasses ne rouvriront que le 8 mai. Le secteur Horeca, lui, n’en démord pas: le 1er mai sera sa fête du (re)travail. Il est plus inattendu de le voir soutenu par des bourgmestres de Middelkerke à Namur, d’Ixelles à Liège (avec l’assentiment du gouverneur), soit toutes les nuances de notre cadran politique de la droite dure jusqu’à Écolo, en passant par le MR, le cdH et le PS. En chœur, ils préviennent que, si les terrasses sont occupées, ils ne mettront pas les clients en danger par une intervention de la police, police qu’ils ne veulent pas non plus faire complètement détester par la population.

Or, les bourgmestres ont la responsabilité de l’ordre public, mais ne peuvent empêcher la police d’intervenir si les procureurs le commandent. Voilà les forces de l’ordre coincées entre la justice et l’exécutif. Comme si elles avaient besoin de ça. Conscient que le mal n’était pas encore fait et que le remède de (la police à) cheval pouvait être pire encore, Frank Vandenbroucke a qualifié la position des communes de “particulièrement lâche”, avant de concéder que la Belgique n’est pas “un État policier”. Autrement dit, on compte sur vous pour ne pas faire de bêtises.

Le souci, c’est qu’en Belgique, le pouvoir communal est respecté et structurant. S’il reprend le discours de l’Horeca qui assimile à des promesses électorales des perspectives de déconfinement, il n’y aura plus personne pour croire aux mesures sanitaires (déjà moins de 50 % les respectent). Notre petit pays densément peuplé et ultra-connecté au monde est, à cause de ces caracté­ristiques, proportionnellement un des plus touchés.

Ce sont les ­restrictions de contacts qui ont empêché que le bilan soit, selon les projections, de 3 à 5 fois plus lourd en décès, mais aussi en Covid longs et avec des unités de soins intensifs débordées qui empêchent d’autres interventions d’urgences lourdes. Si cette digue s’écroule, avec 20 % de la population (partiellement) vaccinée, on est encore loin d’être à l’abri d’une nouvelle vague.

 

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