Tac au Tac: Pierre Poucet

Comédien de théâtre, ses parodies du comité de concertation font le buzz. Au menu: coup de gueule et sourire.
 

@ D.R.

Comment sont nées ces parodies? Colère? Désespoir? Désoeuvrement?
Un peu tout ça… Avec François Paquay et Frédéric Martin, on préparait un court-métrage et on s’est rendu compte qu’on n’arrêtait pas de parler des nouvelles mesures annoncées. On s’est dit qu’on avait entre les mains un super-outil pour exprimer notre incompréhension face à ces mesures et qu’on allait pousser un coup de gueule – avec humour et impertinence.

Dans la scénographie du comité de concertation, qu’on peut voir comme une pièce de théâtre qui n’avance pas, quel est votre personnage favori?
Le traducteur en langue des signes. Ils sont plusieurs, et je les trouve tellement réactifs – je suis fasciné par l’idée qu’ils peuvent traduire tout un jargon improbable et nouveau.

Entre le conseil de sécurité de Sophie Wilmès et le comité de concertation d’Alexander De Croo, lequel préférez-vous?
Les deux me plaisent bien, mais j’en propose un troisième, qui me plairait encore plus – le comité de décisions. La sécurité a bien fonctionné, la concertation marche bien, même si c’est un peu boiteux, mais les décisions, ce n’est pas encore tout à fait au point.

Si vous aviez le Premier ministre en face de vous, qu’auriez-vous envie de lui dire?
J’aurais envie de demander au Premier ministre si prendre 500 jours pour mettre en place un gouvernement est essentiel. J’aurais envie de lui demander s’il pense que les gens portent moins bien le masque dans un théâtre que dans le métro. Et j’aurais encore envie de lui demander sur quoi il se base pour estimer que la culture n’est pas essentielle.

Selon vous, les politiques sont-ils des gens cultivés?
Oui, ils sont cultivés, mais je pense qu’il y a un trop grand écart entre les propositions qu’ils font et la réalité du terrain.

Se sentir non essentiel depuis un an, dans quel état se trouve votre estime de soi?
Piquée et dénigrée.

Vous souvenez-vous de la dernière fois où vous avez joué?
Oui, c’était l’été dernier dans un spectacle qui s’appelle La foire aux improvisations au Théâtre Jardin Passion à Namur. On a répété, et le jour de la première, on s’est arrêté. Tout était prêt, mais on a baissé le rideau. Grand moment de frustration…

Pour un comédien, ne pas travailler depuis autant de temps, c’est bon pour la mémoire ou la mémoire c’est comme le vélo?
Non, c’est pas bon. Me concernant, c’est pas bon du tout… C’est très mauvais de rester à l’arrêt comme ça. En revanche, l’envie est toujours là, et elle est même décuplée…

Comment pensez-vous être regardés, vous, les artistes?
Dans notre monde où tout tourne toujours autour du profit, les milieux de la culture et du divertissement passent au second plan. Le travail n’est lié qu’au résultat, à l’efficacité et au profit, mais cette valeur travail n’a de sens que si on a, à côté, ces espaces du plaisir et des loisirs. Et donc, nous les artistes, on n’est pas reconnus dans notre métier.

Quels sont les thèmes de vos prochaines vidéos?
La question de la vaccination, celle des écoles et je pense qu’on fera aussi une vidéo pour voir comment ça se passe dans les trains…

Je ne vous demande pas si vous irez à la mer ce week-end?
(Rire.) Non, ne me le demandez pas.
 

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