Un projet de parc éolien en mer du Nord fait des vagues

Le projet français de parc éolien au large de Dunkerque ne plait pas à tout le monde, et surtout pas à la Belgique.

Le projet de parc éolien déplait fortement à la Belgique. - AFP

Six partis politiques de la communauté urbaine de Dunkerque (Nord) « exigent » un référendum local concernant le projet de parc éolien offshore dans la mer du Nord, assurant que « quasiment » tous les partis « expriment des interrogations, voire leurs doutes » quant à sa « pertinence« . « Partout en France, en ce qui concerne le choix éolien, les questions se précisent. Les citoyens s’organisent afin de réclamer plus de transparence dans les procédures. Les oppositions s’affirment« , exposent les signataires de cet appel commun, les sections locales de La France Insoumise, du Modem, du Mouvement des Citoyens, du Nouveau Centre, des Républicains, de l’Union des Centristes et des Ecologistes.

Selon eux, les citoyens du Dunkerquois sont « nombreux à refuser, à juste titre, d’être écartés d’une décision qui va conditionner leur avenir et celui du territoire. » « Cette position est légitime. Elle implique une obligation démocratique« , disent-ils, « soucieux de l’intérêt général« , et considérant qu' »au-delà de nos différences, un référendum sur le périmètre communautaire s’impose« .

Ils soulignent notamment que ces éoliennes se situeront « sur un lieu de mémoire emblématique de notre histoire, celui de l’opération Dynamo où des milliers de soldats, principalement français et britanniques, ont péri« .

Zone Natura 2000

En juin 2019, le groupement EDF renouvelables, Innogy et Enbridge, a remporté l’appel d’offre pour la construction et l’exploitation de ce parc, qui sera situé en zone Natura 2000.

Le parc, de 50 km2 maximum et situé à 10 km des côtes, devrait être composé de 46 éoliennes, hautes de 225 à 300 mètres de haut, pour 600 MW de capacité. Sa mise en service est prévue en 2027, pour une durée d’exploitation de 30 ans. La production annuelle attendue correspond aux besoins de près d’un million d’habitants, avec un prix de référence pour les 20 premières années de 44 euros/MWh.

« Le parc éolien à Dunkerque est dans une optique d’énergies renouvelables dont nous avons besoin mais il ne pourra se faire qu’avec une consultation notamment citoyenne comme toute consultation qui devrait se faire sur des projets, notamment dans les Hauts-de-France« , a déclaré à l’AFP Karima Delli, députée européenne EELV, tête de liste de l’union de la gauche et des écologistes aux élections régionales.

En septembre 2019, la commission nationale du débat public a décidé d’organiser un débat public, qui s’est déroulé du 14 septembre au 20 décembre 2020, avec, notamment, neuf réunions publiques, ayant regroupé 534 participants présents physiquement et 603 par voie numérique.

Avis de tempête en Belgique

Le projet ne plait pas non plus de notre côté de la frontière. La Belgique s’alarme de voir s’ériger plusieurs dizaines d’éoliennes de plusieurs centaines de mètres de haut, à seulement 11,5 kilomètres au large de a côte. Fin mars, le ministre de la Justice et de la Mer du Nord Vincent Van Quickenborne dénonçait d’ailleurs cet emplacement, en évoquant une « grave atteinte » à la « souveraineté du pays ».

Le ministre, membre de l’Open Vld, assure que le pays « n’a pas été consulté » et demande l’abandon du projet. En contrepartie, il propose même à la France la création d’un parc en commun, sur une zone située plus au Nord. « L’essentiel est que nous soyons capables de résoudre ce problème en bons voisins », a-t-il confié au Journal Du Dimanche, sans néanmoins rejeter totalement de potentielles poursuites judiciaires en cas de maintien du projet.

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