Duel: Unionistes / Républicains, deux faces d’une même Irlande

Les conséquences du Brexit réveillent de vieilles blessures jamais vraiment enterrées entre unionistes et républicains.

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Unionistes

Protestants
Défenseurs de l’appartenance au Royaume-Uni, les unionistes, en grande partie protestants, sont majoritaires en Irlande du Nord. Partisans du statu quo, ils se satisfaisaient donc de la situation actuelle… jusqu’à ce que le Brexit s’en mêle!

Conséquences du Brexit
La création d’une frontière économique avec la Grande-Bretagne dans les ports nord-irlandais suite au Brexit cristallise la colère des unionistes. Ces dispositions perturbant les échanges commerciaux sont vécues comme une trahison de la part de Londres, qui avait promis qu’aucune frontière n’y verrait jamais le jour.

Violences
Depuis une dizaine de jours, les frustrations liées au Brexit se manifestent par des jets de briques et cocktails Molotov en direction des forces de l’ordre dans les différentes villes d’Irlande du Nord. Les émeutiers, principalement des jeunes unionistes – applaudis par les plus âgés -, ont blessé près de 80 policiers, et brûlé du mobilier urbain. 

Prince Philip
Le décès du prince Philip a quelque peu calmé les émeutiers. Les manifestations prévues à Belfast ont été reportées “par respect pour la famille royale”. Mais les unionistes ont prévenu: “L’opposition aux termes du Brexit et à toutes les injustices va reprendre après une période de deuil”. 

Républicains

Catholiques
Les républicains, aussi appelés nationalistes, demandent la réunification des deux Irlandes, séparées depuis 1921. Mais les catholiques, minoritaires, ne sont pas sortis grands gagnants du conflit nord-irlandais, malgré une relative indépendance par rapport à la nation mère. Les divisions entre communautés, d’ordre religieux et politique, sont encore très fortes.

Opportunités du Brexit
Du côté des républicains, l’installation de la frontière en mer irlandaise relance les espoirs d’une unification de l’Irlande car le nord et le sud sont dans une même zone économique, sans la Grande-Bretagne.

Affrontements
La nuit du 7 au 8 avril, les affrontements sont sortis des quartiers unionistes et les républicains sont entrés dans la danse. De part et d’autre du mur qui sépare encore les deux communautés, ils ont ciblé les policiers anti-émeutes qui tentaient d’empêcher les manifestants d’un groupe de s’en prendre à l’autre.

Condamnation politique
Le gouvernement nord-irlandais (une coalition entre unionistes et républicains) a condamné unanimement les violences après quelques jours de silence. Londres, Dublin et Washington ont également appelé au calme. À un an des élections pour l’assemblée nord-irlandaise, la situation pourrait bien tourner à l’avantage des républicains du Sinn Féin.

 

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