L’immunité naturelle face au Covid mieux cernée

Selon une étude parue dans The Lancet, l’immunité acquise après l’infection protégerait pendant au moins 6 mois d’une réinfection.

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Depuis plus d’un an, le virus SARS-CoV-2 soulève une série d’interrogations cruciales. Après une première infection, quelle est la durée de l’immunité acquise ? Quels types de réactions immunes construisent cette protection ? Des réponses à ces questions pourraient potentiellement dépendre la fin de la pandémie. Une étude anglaise récemment publiée par The Lancet est venue ajouter sa pierre à l’édifice : selon ses auteurs, le taux d’anticorps développés suite à une infection (ce qu’on appelle l’immunité naturelle) est suffisant chez la plupart des individus, pour garantir une immunité de 6, voire 7 mois au Covid-19.

L’étude s’est basée sur une cohorte de près de 26.000 soignants issus des hôpitaux publics de toutes les régions d’Angleterre. Le but des chercheurs ? Mesurer le taux d’anticorps présents chez les volontaires durant 7 mois, ainsi qu’évaluer leurs taux d’exposition au virus et leurs symptômes. À l’issue de l’étude, en décembre 2020, 155 personnes du panel « positif » avaient été réinfectées (2 cas considérés comme probables et 153 comme possibles). Ces résultats doivent cependant être interprétés avec des pincettes, et ne signifient pas que la durée de l’immunité naturelle face au Covid-19 soit automatiquement de 6 mois minimum ; un patient présentant des symptômes sévères développe souvent plus d’anticorps qu’une personne asymptomatique, ou légèrement malade.

8 mois après, des soldats toujours vaillants

Dans la revue Science Immunology, une étude australienne publiée en décembre montrait la présence d’une immunité au moins 8 mois après l’infection. Si elle s’appuyait sur une cohorte beaucoup moins significative sur le plan statistique (seulement 25 patients) que l’étude anglaise, elle apportait toutefois un éclairage important sur les mécanismes immunitaires qui combattent le virus. Elle mettait en avant le rôle de cellules B « mémoires », spécialisées contre le virus. Celles-ci interviennent dans le cadre de l’immunité adaptative. Lorsqu’un agent infectieux pénètre pour la première fois dans l’organisme, celui-ci déploie une première ligne de défense : l’immunité innée, qui mobilise certaines cellules, quelle que soit la nature de l’infection.

Après l’immunité innée, des renforts immunitaires montent au front : les lymphocytes B (les cellules produisant les anticorps) et les lymphocytes T. Cette immunité, dite adaptative, est conçue comme une réponse spécifique à un agent infectieux, comme un virus. Une fois l’infection vaincue, les lymphocytes B et T disparaissent en grande partie. Mais quelques cellules B et T, des cellules « mémoires » restent présents dans le sang, pour monter la garde. En cas d’une réinfection, elles se réactivent directement, et provoquent une réponse immunitaire plus rapide que lors de la première infection. Selon les résultats de cette étude australienne, ce sont ces cellules « mémoires » spécifiques au Covid, qui étaient présentes au moins 8 mois après la contamination.

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