Écoles, horeca… : ce qui est sur la table du Codeco

Le comité de concertation se réunit mercredi. Le scénario d’un retour prudent à l’école serait privilégié. Concernant l’horeca et la réouverture des terrasses, le débat risque d’être beaucoup plus animé.

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Le 19 avril : pour l’école, c’est l’échéance épinglée depuis fin mars. L’idée était de faire baisser les contaminations, en anticipant sur les vacances de Pâques et en renvoyant à la maison les élèves une semaine plus tôt que prévu. Le but ? Garantir à la rentrée un retour à l’école à 100% en présentiel, pour tout le monde. À quelques jours de cette rentrée, le comité de concertation (Codeco) évaluera la situation mercredi. Et même si certains signaux semblent indiquer une certaine stabilisation de l’épidémie, les « chiffres » restent encore très (trop ?) élevés, notamment au niveau des hospitalisations (919 patients sont actuellement traités en soins intensifs).

Sur cette base, un retour à 100% de présentiel est-il envisageable ? En tout cas pas pour Ben Weyts ; le ministre flamand de l’Enseignement (N-VA) a annoncé lundi que les écoles du nord du pays retrouveront le dispositif qui était le leur avant les vacances : 100% de présentiel pour les élèves jusqu’en 2ème secondaire, et à moitié en distanciel à partir des 3èmes secondaires. L’idée de faire revenir tout le monde en classe est donc pour l’instant abandonnée.

Côté francophone, la ministre Caroline Désir (PS) et les acteurs de l’enseignement se réuniront mardi ; des précisions sur les modalités de la rentrée ne devraient toutefois pas tomber avant le Codeco. Selon les informations de la Libre, l’hybridation des cours devrait également être l’option retenue au sud de la frontière linguistique. Resterait encore à trancher dans quelle proportion.

Débat sur les terrasses

Une nouvelle fois, la réouverture des coiffeurs et des autres métiers de contact sera sur la table. Un autre morceau, de taille, pourrait également être au menu du comité de concertation : l’horeca. Particulièrement touché par la crise, le secteur espère une réouverture dès le 1er prochain. Ce qui paraît de plus en plus improbable à mesure que l’échéance se rapproche, vu les courbes épidémiques. Du coup, la solution proposée par certains serait de n’autoriser dans un premier temps que la réouverture des terrasses, comme en Angleterre, puis ensuite seulement, le reste de l’horeca.

Plusieurs exploitants ont déjà mis un coup de pression sur le politique, en annonçant qu’ils rouvriront leur terrasse le 1er mai, quelles que soient les décisions du comité de concertation. « Si vous ouvrez les terrasses le 1er mai, sachez que je ne m’y opposerai pas », a déclaré Hervé Jamar, gouverneur de la Province de Liège. Contrevenant à la consigne du Premier ministre Alexander De Croo, qui avait appelé « à tous à ne pas trop s’exprimer ou créer des attentes », le libéral Denis Ducarme a quant à lui jugé sur Bel RTL : « Le Codeco ne peut pas manger sa parole. Nous devons garantir au minimum à l’horeca une ouverture phasée à partir du 1er mai. (…) Il faut que le premier mai, un acte soit posé et qu’il y ait un engagement si le 1er mai si on n’ouvre pas l’ensemble ».

Côté experts, le virologue et porte-parole interfédéral Steven Van Gucht s’est montré pessimiste quant à une réouverture de l’horeca début mai. « Deux semaines peuvent faire toute la différence. (…) L’Horeca demande des garanties quelques semaines à l’avance – à juste titre – mais nous, virologues, ne pouvons pas encore en donner. C’est évidemment une situation très difficile. Espérons que les courbes fléchiront réellement bientôt. (…) J’espérais que la baisse des chiffres soit plus rapide », a expliqué Steven Van Gucht à Het Laatste Nieuws.

Voyages et changement de stratégie

À en croire plusieurs titres de la presse francophone, une décision au moins ne devrait pas faire débat mercredi en comité de concertation : la fin de l’interdiction des voyages non essentiels. La mesure, contestée par la Commission européenne, ne devrait pas être maintenue par la Belgique, passé le 18 avril.

Enfin, un dernier point pourrait être évoqué en Codeco : le changement de stratégie proposée lundi par trois experts francophones. Ceux-ci invitent à sortir de la logique fermetures/réouvertures par secteur, et prônent une approche plus ciblée, lieu par lieu, en établissant un label « covid safe ». Il ne faudra cependant pas attendre un « reset » immédiat de la stratégie en vigueur, comme l’a d’ailleurs expliqué Marius Gilbert, un des spécialistes à l’initiative de la proposition : « Certains craignent que notre carte blanche puisse être utilisée pour contester les mesures actuelles. Mais ce n’est pas l’objectif. C’est irréaliste de mettre en place en deux semaines ce type de protocole. On se place dans une logique de long terme. En revanche, en termes de communication, on pourrait déjà commencer à donner cette perspective » a-t-il jugé dans Le Soir.

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