Origines de la pandémie : l’OMS incapable de trancher

Le rapport des experts mandatés par l’Organisation mondiale de la santé privilégie l’hypothèse d’une transmission à l’homme par un animal intermédiaire. Critiquant le manque d’accès aux données chinoises, le patron de l’OMS a toutefois réclamé une nouvelle enquête sur l’hypothèse d’une fuite du virus hors d’un laboratoire.

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Retracer en moins d’un mois (quinze jours seulement, en comptant les quarantaines à respecter) l’origine d’une pandémie, apparue plus d’un an auparavant, et sans avoir accès à toutes les données brutes disponibles… Dès le départ, la tâche des experts mandatés par l’OMS à Wuhan (centre de la Chine) avait tout d’une mission impossible. Rien d’étonnant, dès lors, à ce que leur rapport, présenté officiellement ce mardi, s’abstienne de toute conclusion définitive.

Très prudents, les scientifiques de l’OMS y jugent l’hypothèse d’une transmission du virus à l’homme par un animal intermédiaire « probable à très probable ». Mais lequel ? Selon quelle spatio-temporalités, et comment ? Le rapport ne tranche sur rien, où presque. La version que défendait l’administration Trump – celle de la fuite accidentelle du virus hors d’un laboratoire de Wuhan – est tout de même qualifiée d’« extrêmement improbable ».

De nouvelles investigations nécessaires

De quoi soulager Pékin, critiquée à l’international pour sa gestion initiale de crise et son manque de transparence ? Sans doute pas plus de quelques instants : avant même le début de la conférence de presse des auteurs du rapport, le patron de l’OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus, prenait en effet tout le monde de court en déclarant que la conduite d’une enquête spécifique sur l’hypothèse de l’accident de laboratoire était nécessaire. Régulièrement accusé de complaisance envers le régime chinois, M. Tedros n’a cette fois pas hésité à relayer les difficultés « à accéder aux données brutes » dont lui ont fait part les spécialistes envoyés à Wuhan. « Cela demande d’enquêter plus avant, probablement avec de nouvelles missions et des experts spécialisés que je suis prêt à déployer », a-t-il ajouté.

Du pain béni pour le département d’État américain, qui a publié dans la foulée une déclaration commune de quatorze pays (dont l’Australie, le Canada, le Royaume-Uni, la Corée du Sud, etc.), pointant du doigt la Chine. La mission du OMS, dit la déclaration, « a été significativement retardée et n’a pas eu accès à l’ensemble des données originales et des échantillons ». « Ensemble, nous sommes favorables à une analyse et à une évaluation transparentes et indépendantes, exemptes d’interférences et d’influence indues, sur les origines de la pandémie de Covid-19 », ont déclaré les quatorze gouvernements coalisés.

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