La fin du changement d’heure, ce n’est pas encore pour demain

Dans la nuit de samedi à dimanche, nous passerons à l’heure d’été et « perdrons » une heure en avançant l’horloge. Cela aurait dû être la dernière fois. Mais l’Europe qui veut la fin du changement d’heure a pris du retard et le dossier est au point mort.

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À 2 heures du matin ce dimanche, il faudra rajouter 60 minutes aux montres, horloges et autres appareils qui ne se seront pas synchronisés automatiquement. Il sera 3 heures, et nous dormirons, en théorie, une heure « de moins ». Ceci aura aussi pour effet, en cette période « Covid », de raccourcir d’autant le couvre-feu auquel nous sommes soumis (il n’y a pas de petit profit).

Ce passage à l’heure d’été aurait dû être le dernier. En 2018, 86% des près de cinq millions d’Européens sondés avaient réclamé la fin du changement d’heure. Celle-ci serait programmée pour 2021, assurait dans la foulée la Commission. Le temps pour les 27 (28 à l’époque) de se coordonner, pour harmoniser au mieux les pendules du Vieux Continent. Car c’est là tout l’enjeu : chaque État restant souverain de décider de son fuseau horaire, il faut éviter, au maximum, de se retrouver avec une mosaïque de fuseaux horaires différents.

Pas à l’agenda

On imagine en effet mal un travailleur frontalier belge, travaillant en Allemagne ou en France, régler sa montre deux fois par jour si un de ces deux pays venait à ne pas choisir le même fuseau que celui de la Belgique. Or, les 27 sont partagés : grosso modo, les pays du Sud veulent l’heure d’été, ceux du Nord, l’heure d’hiver. Et il semblerait que, faute de discussions entre les États membres, le dossier n’ait pas beaucoup avancé.

Ni l’Allemagne, ni le Portugal, les deux derniers pays à avoir assumé la présidence tournante de l’Union, n’ont mis la question à l’agenda. Avec le Brexit, puis la pandémie de Covid, les Européens ont eu des sujets plus brûlants à traiter. Reste à voir, si la Slovénie, qui reprendra les rênes du Conseil européen à partir de juillet, sera ou non plus sensible à la problématique.

Heure d’été ou heure d’hiver ?

En attendant, les uns et les autres continueront de fourbir leurs arguments. En Belgique, une enquête d’opinion réalisée en 2019 montrait que 50% des sondés marquaient une préférence pour rester à l’heure d’hiver (45% pour l’heure d’été, le reste ne se prononçant pas). Ceci permettrait d’éviter des matinées d’hiver plus sombres, puisqu’il faudrait attendre 9H30, voire 10H pour sortir de la nuit, ce qui pénaliserait notamment les travailleurs en extérieur. Garder l’heure estivale aurait également un impact négatif sur l’endormissement, vu les secrétions plus tardives de mélatonine.

Le même argument est toutefois invoqué par les défenseurs de l’heure d’été ; en bénéficiant plus longtemps de la lumière du soleil, les soirées estivales seraient plus longues et laisseraient le champ libre à davantage d’activités en extérieur. En matière de sécurité routière, les piétons et les cyclistes pourraient également sortir gagnants de l’abandon de l’heure d’hiver. En octobre et novembre, les accidents impliquant les usagers faibles (alors moins visibles puisqu’il fait noir une heure de plus) sont plus fréquents et plus graves, selon l’institut Vias (ex-IBSR). Autrement dit, tout le monde a ses arguments, et un peu raison. On peut parier que ce n’est pas la dernière fois qu’on vous annonce le dernier changement d’heure.

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