Vaccination : le défi des doses restantes

Pour éviter de jeter les doses de vaccins non utilisées, un système de listes d’attente devrait bientôt être prêt. Il permettra de convoquer en dernière minute des volontaires. En attendant, les centres n’appliquent pas toujours les mêmes priorités pour injecter les doses restantes.

©BELGAIMAGE-174346292/ un centre de vaccination à Anvers, le 18 mars

« On m’a appelé en début d’après-midi. Je n’ai pas eu besoin de beaucoup réfléchir. Deux heures après, j’avais reçu la première dose », raconte Olivier. En tant que policier, ce Bruxellois figurait sur les listes de personnes convocables pour recevoir une dose en « last minute ». Alors que la course contre la montre (et contre le virus) est engagée et que les retards des firmes pharmaceutiques s’additionnent, chaque goutte de vaccin compte.

Or, dès que le précieux sérum est sorti des frigos, impossible de le reconditionner ; il doit être injecté. Pour prendre l’exemple d’AstraZeneca, chaque fiole de vaccin contient dix doses. Or le nombre de personnes inscrites par jour dans les centres de vaccination n’est pas obligatoirement un multiple de 10 ; il peut également arriver qu’un inscrit n’honore pas son rendez-vous. En fin de journée, c’est alors le branle-le-bas de combat dans les centres, qui battent le rappel pour éviter de gaspiller. « Lorsqu’une dose n’a pas trouvé preneur, nous avons des listes de secours », expliquait à Moustique Emin Luka, CEO de Brussels Expo, lors d’un reportage au centre de vaccination du Heysel. Sur ces listes, les policiers (comme Olivier) ou les pompiers résidant à proximité du centre, ainsi que des patients à risque répertoriés par le CHU Saint-Pierre.

Les profs pas prioritaires, mais…

Ailleurs, certains centres de vaccination optent pour d’autres types de profils prioritaires. Au centre de la ville de Namur, ce sont les enseignants qui sont convoqués en cas de trous dans l’agenda ou de désistements. Les doses « last minute » sont réservées aux enseignants et aux membres du personnel des écoles (fondamental et secondaire) namuroises âgés de plus de 45 ans, quel que soit le réseau d’enseignement. Mais attention : les profs ne sont pas prioritaires et ne sont appelables en dernier recours que si des places destinées aux plus de 65 ans restent encore disponibles.

Même principe à Ath, où un enseignant sur quatre du réseau communal a déjà reçu une première injection. Ce qui n’a pas manqué de créer des frictions, les professeurs du réseau libre n’étant pas convoqués pour recevoir les doses de vaccins excédentaires. À Bruxelles, le bourgmestre d’Evere a proposé à la Région de faire vacciner les enseignants de la commune avec le surplus de doses.

Par ailleurs, certains audacieux n’hésitent pas, en Wallonie ou à Bruxelles, à faire le pied de grue devant les centres de vaccination. Leur espoir de recevoir une dose inutilisée (même après recours aux convocations de dernière minute) est cependant le plus souvent douché.

Listes d’attente

Face à l’application parfois variable des critères de priorité en cas de doses excédentaires, les autorités sanitaires ont rappelé les consignes. La ministre wallonne de la Santé, Christie Morreale (PS) a insisté : en plus des 65 ans et plus, les personnes souffrant de comorbidités, les pompiers, les policiers d’intervention, le personnel hospitalier et soignant qui n’aurait pas encore été vacciné, sont les catégories de publics prioritaires. Petite nouveauté : selon la Libre, les enseignants du spécialisé (et uniquement du spécialisé, à ce stade) peuvent également figurer sur les listes de « secours ».

« Les centres ont trouvé des solutions, ils ont été créatifs et ils ont bien fait, a expliqué la ministre à RTL. Notre responsabilité est d’organiser la vaccination pour les autres millions de personnes qui restent à vacciner. On essaye d’organiser une méthode. La semaine prochaine, on va certainement mettre en place une liste unique des volontaires à la vaccination où les gens pourront s’inscrire mais où on appellera prioritairement les personnes des groupes cibles et donc des personnes âgées avec comorbidités ».

Selon Le Soir, les volontaires pour une vaccination plus rapide que prévu pourront bientôt s’inscrire sur une liste d’attente. Les centres pourront y puiser en cas de doses excédentaires. Les personnes qui seront convoquées au pied levé devront toutefois remplir les critères de priorité du moment ; un jeune de 25 ans sans comorbidités aura ainsi peu de chance d’être appelé directement.

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