Les tests antigéniques encore très peu utilisés en Belgique

Ils sont réputés moins fiables que la technologie PCR. Selon une étude parue dans The Lancet, les tests antigéniques rapides sont pourtant complémentaires et utiles face au virus.

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2,83%. C’est le pourcentage de la population belge, selon le site covid-vaccinatie.be, à avoir reçu à ce jour deux doses de vaccin « Covid ». Autant dire que pour atteindre les 70% de la population vaccinée – soit le seuil généralement présenté comme nécessaire pour atteindre l’immunité de groupe – il y a encore du boulot. D’ici là (et même sans doute après, mais c’est une autre question), les autres armes dont nous disposons seront donc toujours primordiales pour lutter contre le virus.

Parmi elles, les tests, tests, tests, pour paraphraser l’OMS. Depuis la fin novembre, la Belgique s’est dotée d’une stratégie de testing « 2.0 ». À côté des « classiques » tests PCR réalisés en laboratoire, l’utilisation des tests antigéniques rapides était alors autorisée. Ressemblants à un test de grossesse, ceux-ci délivrent un résultat en 15 à 30 minutes, sans passer par la case laboratoire. Le tout, moyennant un prélèvement naso-pharyngé par écouvillon, que l’on plonge dans un réactif. Ces tests de détection rapides nécessitent l’intervention d’un soignant, les auto-tests restant interdits chez nous.

Ailleurs en Europe, comme en Allemagne ou en Italie, ils sont massivement intégrés au testing. Côté belge, le gouvernement fédéral passait commande en octobre dernier de 4,5 millions de tests antigéniques rapides. La Flandre, 4 millions, et Bruxelles, 100 000. Pourtant, comme le note la RTBF, ces tests restent sous-utilisés par la Belgique, mis à part plusieurs expériences pilotes lancées en décembre dans les centres de dépistage et chez des médecins généralistes.

Scans répétés

Réputés moins sensibles et donc moins fiables que leurs cousins « PCR », ils sont pourtant « complémentaires » et devraient être « déployés parallèlement » pour lutter contre le coronavirus, conclut une étude parue fin février dans la revue médicale The Lancet. Car, à côté du degré de sensibilité, les auteurs invitent à prendre en compte d’autres paramètres pour juger de la pertinence d’un test dans une stratégie globale de dépistage. Peu coûteuse et très rapide, la détection par antigène permet en effet de scanner de manière répétée des pans plus larges de la population, là où un test PCR, vu le passage en laboratoire et la durée de l’analyse, ne livre son résultat qu’après plusieurs jours parfois.

Tout sauf idéal pour freiner efficacement et le plus vite possible la propagation de l’épidémie. Selon l’étude, l’impact des faux négatifs et des faux positifs induits par les tests antigéniques rapides peut également être contrôlé, et dépend de la prévalence des groupes de population testés.

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