La ligne du temps de la campagne de vaccination en Belgique : qu’est-ce qui a coincé ?

Retards de livraisons, bugs en tous genres…Tant du côté du fédéral que des Régions, on admet qu’il faut changer quelque chose dans la stratégie belge. Une conférence interministérielle santé est prévue ce mercredi.

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Deux mois après ses débuts, la campagne de vaccination donne une impression pour le moins mitigée sur le plan de l’efficacité. À tel point que le ministre fédéral de la Santé, Frank Vandenbroucke évoquait sur RTL/TVI un nécessaire « reset » de la stratégie de vaccination. Un reset qui s’impose d’autant plus depuis ce mardi, après que le Conseil Supérieur de la Santé (CSS) ait livré un nouvel avis qui rebat (en partie) les cartes : jusqu’ici contre-indiqué pour les plus de 55 ans (en raison de données incomplètes sur les plus hautes tranches d’âge lors des essais cliniques), le vaccin AstraZeneca pourra finalement être administré à chaque adulte, sans limite d’âge.

Ce mercredi, le ministre bruxellois de la Santé, Alain Maron (Ecolo) proposait (comme l’a rapporté l’Echo) de revoir la stratégie d’invitations de la campagne de vaccination, et de baser celles-ci sur l’âge uniquement. Pour l’écologiste, il faut donc abandonner le système de priorité pour les moins de 65 ans avec comorbidités. « Le Conseil supérieur de la santé dit que l’âge est le ’driver’ le plus important de formes graves et de mortalité liées au Covid-19 », a justifié Alain Maron dans une lettre adressée à ses collègues ministres de la Santé.

Interviewé sur Matin première ce mercredi, la député Catherine Fonck (CDH) a emboîté le pas du ministre, jugeant qu’il faut désormais faire « les choses de manière plus rapide et plus efficace (…). Il faut basculer à une vaccination 7 jours sur 7, faire des séances de rattrapages, pour vacciner dès maintenant les personnes âgées de plus de 65 ans hors des maisons de repos ». « On ne peut pas continuer à s’obstiner dans un modèle qui ne convient pas », a continué l’élue CDH, qui demande également de revoir le système d’invitations sur base d’un principe d’inscription volontaire, et uniquement sur l’âge en termes de priorité.

Un système qui remonte à juillet 2020

C’est loin d’être la première fois qu’est évoqué un changement dans la stratégie belge. Mais celle-ci, pourtant qualifiée d’« évolutive » en janvier, ne l’a finalement été que fort peu. Le système de phasage et de priorisation de certaines tranches de la population (en gros, les maisons de repos, le personnel soignant vaccinés dans un premier temps, puis les +de65 ans, les groupes à risque et les « fonctions essentielles », avant enfin, le reste de la population) que les autorités sanitaires ont choisi de suivre est calqué sur une recommandation du Conseil Supérieur de la Santé, datant de juillet dernier, puis ajustée fin 2020.

Depuis, ni les retards de livraison des vaccins, ni la détresse des jeunes, ni les demandes des enseignants n’ont jusqu’ici fait bouger les autorités sanitaires. Celles-ci pourraient toutefois être amenées à le faire, les bugs à répétition et les images des centres de vaccination à moitié vide étant particulièrement désastreux sur le plan de la com’. 

Verdict à partir de fin mars

Reste que cette campagne sera avant tout jugée sur ses résultats, et sur le respect du calendrier. Or, sur base de ce qui a été communiqué début janvier, la Belgique n’est pas encore en retard. À une ou deux semaines près, la campagne dans les maisons de repos s’est achevée au mois de février, comme prévu. Et à en croire Le Soir, si le Plat Pays est plutôt à la traine comparativement à ses voisins européens pour l’injection de la première dose (19ème dans l’UE), la Belgique se classe 4ème des pays ayant le plus administré de deuxième dose.

C’est donc sur la suite du calendrier que l’efficacité de la campagne devra être jugée. Selon le timing avancé par la task force vaccination, la phase 1B (les plus de 65 ans et les groupes à risque) devrait bien commencer en mars, mais plutôt à la fin qu’au début du mois. À moins que tout ceci soit bel et bien balayé, et que seul le critère de l’âge soit finalement retenu pour prioriser.

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