Retards de livraison, pépins techniques… les contretemps de la campagne de vaccination

Aux retards des firmes pharmaceutiques s’ajoutent maintenant des bugs dans l’envoi des convocations. La campagne pourra-t-elle accélérer en mars, avec la vaccination des plus de 65 et des personnes à risque ?

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Malgré un retard à l’allumage puis quelques à-coups imputables aux fluctuations de livraisons, la campagne belge de vaccination est plus ou moins dans les temps (à une ou deux semaines près). En tout cas en ce qui concerne les maisons de repos. Au 1er mars, tant en Flandre qu’à Bruxelles ou en Wallonie, les maisons de repos devraient en effet en avoir fini avec les piqures. Du côté des hôpitaux, il semblerait qu’on ait pris du retard. Les première injections devraient avoir été bouclées fin mars ; les deuxièmes, vers la fin mai seulement, notamment parce que le vaccin AstraZeneca est plus efficace si les deux doses sont espacées de 12 semaines.

Depuis quinze jours à Bruxelles et depuis cette semaine en Wallonie, c’est au tour du personnel soignant de première ligne ; médecins généralistes et spécialistes, infirmiers et dentistes sont convoqués dans les centres de vaccination. Pour les suivants sur la liste – à savoir les plus de 65 ans et les groupes à risque – il faudra encore attendre, probablement jusqu’à la mi-mars à Bruxelles, au 22 mars en Flandre et jusqu’aux deux dernières semaines de ce même mois pour la Wallonie. Tout cela reste encore bien théorique.

Car, on insiste beaucoup là-dessus du côté des Régions, ce calendrier est tributaire des livraisons de vaccins, et donc des firmes pharmaceutiques. Si Pfizer-BioNTech livre globalement les doses promises chaque semaine, ce n’est pas le cas de ses concurrents. Par exemple, sur les quelques 400.000 doses que la Belgique s’attendait recevoir d’AstraZeneca en février, 67.200 seulement ont été livrées. Le ministre flamand du Bien-être, Wouter Beke expliquait mardi au Parlement flamand que l’entreprise suédo-britannique livrera cette semaine 88.800 doses de vaccin à la Belgique, au lieu des 114.716 attendues. « C’est quand même un problème gigantesque pour préparer opérationnellement nos centres de vaccination, mais aussi pour les hôpitaux et les centres pour personnes handicapées », a regretté le ministre.

Direct dans les spams ?

« On ne peut cuire des frites que quand on dispose de patates » lançait une source flamande dans les colonnes de L’Écho. Certes, mais pour filer la métaphore, disposer de tous les ingrédients ne suffit pas pour une cuisiner un bon plat ; encore faut-il avoir le tour de main. Or, le début de la campagne dans les centres de vaccination a montré quelques failles d’organisation. Au nord comme au sud de la frontière linguistique, plusieurs couacs informatiques ont ainsi été recensés. 1.000 Belges non prioritaires ont reçu avant l’heure une invitation à se faire vacciner. Dans la capitale, le centre de vaccination du Heysel (le plus grand du pays) connaissait la semaine dernière un faux-départ, après un bug qui a retardé l’envoi des convocations.

Surtout, la Région a constaté que peu de soignants de première ligne se sont faits vacciner depuis l’ouverture des centres. Sur 11.000 invitations à Bruxelles, seuls 3.000 se sont présentés. Du côté du service de l’inspection de l’hygiène bruxellois, on craint que les mails de convocation aient été envoyés à de mauvaises adresses, ou aient atterris dans les dossiers spams des messageries. « Puisque les invitations ont été envoyées par le système fédéral, nous ne savons pas exactement qui sera invité. Si ces personnes n’ont pas d’adresse e-mail ou si l’adresse est incorrecte, elles n’ont peut-être pas reçu l’invitation », a expliqué Inge Neven, la directrice du service, à Bruzz.

Pour prévenir de nouveaux problèmes techniques, les autorités wallonnes enverront dorénavant les convocations par la poste, et non plus uniquement par mail. Quelques 30.000 convocation « papier » ont été envoyées en début de semaine.

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