Réouverture de l’Horeca : le secteur veut du concret

Sur les réseaux sociaux, restaurateurs et cafetiers francophones ont lancé le « Stop Challenge » pour faire réagir le gouvernement. Ils appellent à la réouverture pour le premier week-end d’avril. Experts et fédérations planchent sur des protocoles de sécurité sanitaire.

©belgaimage-172617644/ Une restauratrice de Rixensart, février 2021.

À quand la réouverture ? Renvoyé à chaque comité de concertation (codeco) à l’échéance suivante, l’Horeca est plus que lassé du manque de perspectives qui lui sont données. Refaire les stocks, renouer avec le personnel, tout cela se prépare en amont. C’est donc un calendrier précis que réclame le secteur, à quelques encablures du prochain codeco, prévu le 26 février. C’est pratiquement acté, il faudra faire une croix sur mars. Mais pas question de laisser aussi filer avril, comme certains experts ont pu le suggérer. Non, pour les restaurants, cafés et bars, la date limite pour relancer l’activité, c’est le premier week-end des vacances de Pâques. Ils entendent bien faire passer le message.

Les collectifs Wallonie Horeca et Resto Bar Bruxelles ont lancé jeudi matin l’action « The Stop Challenge » sur les réseaux sociaux. Les acteurs du secteur, tout comme l’ensemble de la population, sont appelés à charger une photo de profil en utilisant le logo « Stop ». Les participants sont aussi invités à envoyer des messages au Premier ministre. Selon les organisateurs, « l’objectif est d’inonder internet et le 16 rue de la Loi ». « De cette manière, nous souhaitons communiquer notre désarroi. Au mois de mars, cela fera presque 9 mois que nous avons été obligés de fermer les portes de nos établissements. Nous n’arrivons pas à survivre avec les frais fixes et les indemnités », a expliqué à Belga une représentante du collectif Wallonie Horeca, Valérie Migliore. « Nous payons la facture de cette stratégie gouvernementale ».

Pas de réouverture sans terrasse ?

Avec le « quand », le « comment » est aussi au centre des interrogations du secteur. Depuis plusieurs jours, les réunions s’enchaînent entre fédérations de l’Horeca et experts du GEMS (Groupe d’Experts de stratégie de crise pour le Covid-19). En ligne de mire : le 26 février, date à laquelle le groupe est censé présenter un plan de déconfinement pour tous les secteurs. Il se murmurerait que la priorité soit donnée aux activités en extérieur. Appliqué à l’horeca, cela pourrait signifier dans un premier temps une réouverture uniquement pour les établissements avec terrasse. C’est ce qu’évoquait notamment le ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Pierre-Yves Jeholet (MR), en début de semaine à la RTBF.

Depuis le premier confinement, les mécanismes et les modes de propagation du virus sont en effet mieux connus. Et les aérosols, ces minuscules particules suspendues dans l’air, désormais reconnus parmi les vecteurs les plus dangereux de l’épidémie. Mais quid des exploitants sans terrasse ? Dans l’Avenir, Thierry Neyens, président d’Horeca Wallonie indiquait que 40% des établissements wallons possédaient une terrasse. « Il faut éviter les discriminations. Ceux qui ont une terrasse auront une réouverture plus aisée, mais ce n’est pas une raison pour permettre à certains de rouvrir et pas d’autres », jugeait-il. Et puis, la météo devra être au rendez-vous : pas très riant pour les clients de manger sous la pluie ou dans le froid, même à l’abri (relatif) d’une tonnelle.

Aides additionnelles

Une autre solution qui tiendrait compte de l’impératif de l’aération serait de s’équiper. Détecteurs de CO2, ventilation naturelle ou équipée… tout cela a un coût. Qui l’assumera ?« On nous a fermés, on nous oblige à ventiler, qu’on nous indemnise », tranchait dans l’Avenir Fabian Hermans, administrateur de la fédération Horeca Bruxelles. Reprenant l’idée d’installer des purificateurs d’air dans les établissements, le député bruxellois Michaël Vossaert demande aux Régions de mettre la main au portefeuille. « L’objectif est de reprendre en toute sécurité et de s’inspirer des primes au logement ou au bâtiment qui existent déjà dans d’autres secteurs », a-t-il indiqué dans un communiqué.

Enfin, pour ceux qui ne parviendraient pas à rouvrir directement – comme pour les autres – le secteur insiste sur l’importance de mesures de soutien additionnelles. Auditionnées le 10 février à la Chambre, les trois fédérations Horeca du pays ont notamment plaidé pour une baisse de la TVA à 6% jusqu’à la fin de l’année, pour des baisses et des annulations de cotisations ONSS, ou pour la déductibilité à 100% des frais de restaurant.

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