Supérieur : après les bons résultats de janvier, des assouplissements envisagés

Côté examens, la situation semble maitrisée mais la santé mentale est importante aussi. Un retour, très progressif, sur les campus ainsi que des bulles par logements pour les étudiants sont à l’étude.

Les étudiants devraient pouvoir bientôt reprendre le chemin des auditoires. (Crédit: Belga)

Lorsque les mesures sanitaires ont été instaurées, outre la santé de nos ainés et des plus fragiles, les conditions de vie des enfants, ados et jeunes ont rapidement fait partie des principales préoccupations. Très peu sujets aux formes graves de la Covid, il ne fallait pas que leur éducation devienne une victime collatérale de la pandémie.

Au fur et mesures des oscillations de la courbe et des différents confinements, le maintien de la scolarité, de la maternelle au supérieur, a été une priorité. En présentiel ou à distance, ou un peu des deux, selon les niveaux et les risques.

En ce début de 2021, il semblerait que pour l’enseignement supérieur, la situation a été plutôt bien gérée. Les résultats de la session de janvier, la plus confinée depuis le début de la crise puisque la Belgique avait desserré la vis en juin et septembre dernier, sont plutôt bons.

Dans les universités, le taux de participation est passé de 91 à 92% et le taux de réussite a atteint les 70%, alors qu’il stagnait à 67% depuis 3 ans. Dans les hautes écoles aussi, les statistiques sont positives : taux de réussite moyen par cour à 59% (+5%) tandis que le taux de participation se maintient à 85%. Dans les deux types d’établissements, les chiffres pour les étudiants de première année sont tout aussi rassurants. 

Sans loisirs, plus de temps pour l’étude

D’habitude, ces taux sont plutôt constants. « Ils témoignent donc d’un changement », a analysé Hugues Draelants, sociologue de l’éducation à l’UCLouvain dans Le Soir. Selon lui, privés d’activités extrascolaires et de sorties, culturelles comme festives, les étudiants ont plus de temps pour travailler. « Ce constat ne doit pas pour autant faire disparaître l’impact négatif sur le bien-être et la santé mentale des jeunes », précise-t-il.

On remarque aussi un taux de réussite plus élevé aux examens réalisés à distance que pour ceux rédigés en auditoires ou salles de classe. Pour Mikaël De Clercq, chargé de cours à l’UCLouvain qui a mené une thèse sur les facteurs de réussite dans l’enseignement supérieur, on peut analyser la situation de deux façons. Soit imaginer que les enseignants n’ont pas su adapter leurs examens à cette situation inédite, gardant des questions de théorie pure pour lesquelles la triche est plus simple. « Mais je pense qu’ils ont proposé une évaluation différente basée sur la réflexion et la compréhension », ajoute l’universitaire dans le même article. « Or, on sait que la plus grande difficulté des étudiants est d’emmagasiner une quantité de matière importante en un temps restreint. En l’absence de restitution bête et méchante aux examens, l’étudiant peut pleinement se consacrer à la compréhension de la matière. »

Des bulles par kot

La ministre de l’Enseignement supérieur en Fédération Wallonie-Bruxelles, Valérie Glatigny (MR), s’est dite positivement surprise de ces résultats, surtout pour les Bac1, mais dit rester attentive jusqu’à la fin de l’année. « L’année est un marathon, pas un sprint. D’autant que la détresse psychologique et financière des étudiants est une vraie réalité qui pourrait aussi avoir des conséquences négatives plus tard en termes pédagogiques », a-t-elle expliqué à La Libre

Glatigny

(Crédit: Belga)

Pour améliorer la situation, la ministre planche avec les mondes universitaires et étudiants sur un retour progressif sur les campus, en tirant les leçons d’octobre. « À l’époque, des règles très strictes ont bien été respectées pendant les cours, mais on n’a pas assez prêté attention à ce qui se passait le reste du temps. »

Des bulles par kot ou logement partagé sont désormais envisagées. Par contre, celles-ci ne devraient pas pouvoir se mélanger et les étudiants devront surement éviter de rentrer en famille trop souvent. Mais tout cela doit encore être discuté avec le Comité de concertation, fin février probablement.
 

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