Vers la fin des usines à chiots en Wallonie ?

Une récente polémique a ravivé le débat sur un sujet qui, selon les défenseurs des animaux, aurait dû être clos il y a bien longtemps: l'interdiction des usines à chiots.

Il existerait une quinzaine d'usines à chiots en Wallonie. - Unsplash

La ministre wallonne du Bien-être animal n’y a pas été par quatre chemins mardi au Parlement: des usines à chiots, elle n’en veut plus. « Le cadre légal actuel est trop faible », a regretté Céline Tellier qui entend le renforcer. « Ma volonté est bien de mettre fin aux usines à chiots de manière structurelle. Cela passera par une législation plus forte et ce dossier constitue ma priorité numéro un en matière de bien-être animal dans les prochains mois. »

Si ce dossier est une nouvelle fois sur la table des politiques aujourd’hui, c’est à cause de la vive polémique suscitée par l’une d’entre elles. Situé à Blaton, dans le Hainaut, l’élevage canin Happy Dogs avait introduit une demande de permis unique visant à mettre en conformité et surtout à étendre son exploitation, controversée depuis de longues années. Il n’en fallait pas plus pour raviver la colère des riverains et des défenseurs des animaux. En moins d’une semaine, une pétition réclamant la fermeture de l’établissement a récolté plus de 55.000 signatures.

Trop d’animaux

« L’usine à chiots de la SRL « Happy Dogs » à Blaton est une véritable catastrophe en termes de bien-être animal », a dénoncé Michel Vandenbosch, le président de Gaia. Plus de 2.000 chiots y sont vendus chaque année, souvent originaires de l’Europe de l’Est. Lors d’un récent contrôle des autorités, plus de 365 chiots et chiennes reproductrices ont été dénombrés sur place, indique l’association belge qui a déjà reçu de nombreuses plaintes au sujet de cet élevage. Les amis des animaux s’étonnent d’ailleurs qu’une telle exploitation ait pu exercer ses activités, sans être en règle.

Illustration d'un chien dans un refuge

Peut-être plus pour très longtemps. Ce mercredi, au terme d’une enquête publique, la commune de Bernissart a rendu un avis défavorable quant à la demande de régularisation de l’élevage. « On a le profond sentiment que cette exploitation draine un trop grand nombre d’animaux et correspond finalement assez peu au bien-être animal », a commenté Maud Wattiez, échevine du bien-être animal de la commune, au micro de NoTélé.

Une quinzaine en Wallonie

Si cet avis défavorable ne signifie pas la fin d’Happy Dogs – l’administration de la région wallonne doit encore se prononcer -, c’est néanmoins une première victoire pour les associations qui militent pour la disparition de ces « éleveurs commerciaux ».

En Wallonie, il en existerait une quinzaine, comme celui de Blaton, qui chaque année produisent et importent plusieurs milliers de chiots. Ces derniers sont alors issus d’autres élevages, en particulier des pays de l’Est, et amenés sur notre territoire dans des conditions de transport déplorables. Les éleveurs mentent aussi sur leur âge, leur santé et leur prix car, trop souvent, ces animaux sont malades, faibles, non socialisés et enlevés à leur mère beaucoup trop tôt. Ce qui peut provoquer des problèmes de santé et de comportement. « Et qui en subit les conséquences ? Les refuges pour animaux, qui sont habilités à accueillir les animaux abandonnés, mais, évidemment, les animaux eux-mêmes », explique la directrice de Gaia Ann De Greef, qui a récemment lancé une nouvelle campagne contre l’achat impulsif d’animaux. « Il faut impérativement que la loi soit renforcée en vue de mettre un terme à ce genre d’exploitation. »

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