Vague de froid : l’aide aux sans-abris renforcée

À Bruxelles, la capacité d’accueil de nuit frôle la saturation. Quelque 250 places supplémentaires ont été créées cette semaine. En Wallonie aussi, l’heure est à l’urgence.

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Un thermomètre qui refuse depuis plusieurs jours de remonter au-dessus de 0° et qui flirte la nuit avec les -10… Dans ces conditions polaires (qui devraient perdurer au moins jusqu’au week-end), c’est la vie même des personnes sans-abris qui est menacée. En prévision de l’hiver, Bruxelles a activé près de 3.200 places d’accueil d’urgence depuis septembre, et ce, jusqu’au 30 juin. Soit un nombre de places d’urgence jusqu’alors jamais atteint dans la capitale. Et contexte Covid oblige, 800 places ont été créées dans des hôtels de crise, et 100 supplémentaires ont été ouvertes pour garantir les quarantaines. Car aux difficultés hivernales viennent s’ajouter pour les structures d’accueil le défi de la crise sanitaire : accueillir massivement les publics les plus précaires, tout en veillant à ne pas laisser le virus se propager au sein de ces structures.

« Nous n’avons jamais eu une capacité aussi élevée. Nous avons toutefois encore un peu poussé les murs ce week-end pour augmenter cette capacité », a déclaré Alain Maron (Ecolo), ministre bruxellois de l’Aide aux personnes. En réponse à la vague de froid, un comité de crise s’est réuni lundi soir. 250 places supplémentaires ont été activées temporairement à Bruxelles. De quoi combler une partie des besoins, mais une partie seulement. François Bertrand, le directeur de Bruss’Help (l’organisme chargé de coordonner les dispositifs d’aide d’urgence aux sans-abris à Bruxelles), évoquait des structures d’accueil arrivant quasi à saturation. « Le besoin identifié en comité de crise est de 400 lits » a-t-il avancé dans Le Soir.

En attendant la création de 100 nouvelles places (qui pourrait intervenir d’ici 48 heures), les autorités bruxelloises ont fait appel à la SNCB et à la STIB. La gare du Midi et la station de métro Botanique garderont leurs volets ouverts les nuits prochaines, et seront accessibles aux personnes sans toit.

La police en renfort

Toujours à Bruxelles, les bourgmestres d’Etterbeek et d’Auderghem ont pris des mesures spéciales autorisant l’arrestation administrative des sans-abris qui refuseraient de trouver refuge au sein des dispositifs communaux. En cas de refus, « les personnes pourront y être emmenées indépendamment de leur consentement », a fait savoir dans un communiqué Vincent De Wolf (MR), maïeur d’Etterbeek. À Liège aussi, le recours à la police a été autorisé par le bourgmestre de la ville. « Toute personne qui démontre son intention de passer la nuit dehors sera conduite dans un lieu d’accueil chauffé », a précisé le socialiste Willy Demeyer. La Cité Ardente a également déclenché son plan dit « froid morbide », portant la capacité d’accueil à 110 lits pour Liège et Seraing.

Sur l’ensemble de la Wallonie, c’est 2.440 places qui ont été activées, dont plus de 300 réservées pour la nuit. Pour garantir l’accueil en temps de pandémie, la ministre wallonne de l’Action sociale, Christie Morreale (PS) a débloqué en 2020 des fonds supplémentaires dans le cadre du plan Grand Froid. Mais pour l’opposition wallonne, il faut faire plus. Notamment pour le cdH, qui, par la voix d’Alda Greoli, a demandé que restent ouvertes les gares, « et pas uniquement dans les grandes villes. Les hôtels peuvent également être utilisés, avec une compensation des autorités régionales », a-t-elle proposé. Actuellement, seules les gares de Liège-Guillemins et de Charleroi restent ouvertes de nuit pour l’accueil des sans-abris.

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