À Los Angeles, des jeunes partent à la « chasse aux vaccins » devant les hôpitaux

Chaises pliantes, sacs de couchage, capuches... depuis quelques jours à Los Angeles, de longues files d'attente se forment aux abords de certains centres de vaccination: tous ou presque sont de jeunes gens qui espèrent se faire vacciner contre le coronavirus avec des restes de flacons entamés qui autrement finiraient à la poubelle.

©AFP/ Des personnes sans rendez-vous devant un centre médical, le 25 janvier à Los Angeles

A ce stade, le comté de Los Angeles ne propose des vaccinations qu’aux employés du secteur médical, considérés « à risque » car en première ligne, et aux personnes âgées d’au moins 65 ans. Les rendez-vous se remplissent à toute allure mais un petit nombre de patients ne se présentent pas, et c’est précisément là-dessus que comptent ces jeunes, qui pour certains font la queue depuis près de dix-huit heures, devant le Kedren Community Health Center, dans les quartiers populaires du sud de Los Angeles. « Si ce vaccin va aller à la poubelle, il ne sert à personne? Donc puisqu’on est jeunes et en suffisamment bonne santé pour passer la nuit dehors et l’avoir, autant le faire« , explique à l’AFP l’une d’entre elles, Elaine Loh. « Je pense que tout le monde serait d’accord. Si c’est pour jeter le vaccin, à quoi bon? Et de toute façon, tout est fermé en ce moment, donc sinon je serais en train de dormir », renchérit un autre jeune, Adam, qui réside lui aussi à Los Angeles.

Loterie

Le succès n’est pas garanti et officiellement, les autorités sanitaires du comté de Los Angeles ne sanctionnent pas l’administration de vaccin anti-Covid aux personnes qui ne remplissent pas les critères. Officiellement, il n’y a pas de file d’attente dehors, pas de liste d’attente« , relève le Dr Jerry Abraham, qui supervise les opérations de vaccination au Kedren Community Health Center, une ONG à but non lucratif. Mais une fois un flacon du vaccin Moderna ouvert, « nous devons l’utiliser dans les six heures« . « Il y a des moments où l’afflux de patients baisse et nous avons des doses de vaccin qui expirent. Or je refuse que la moindre goutte se perde« , explique le médecin. Dans ces cas-là, on doit vite chercher des gens à qui administrer ces doses. C’est le même cas de figure à la fin de la journée, vers 16H00 ou 17H00, en fonction du nombre de personnes qui ne se sont pas présentées et du nombre de seringues de vaccin qui nous restent« , poursuit le Dr Abraham. « C’est comme gagner à la loterie« , dit-il.

Selon les jours, il estime que 1 à 3% des rendez-vous quotidiens (800 à 1.000 au total) ne sont pas honorés, sans que ce chiffre corresponde nécessairement aux doses de vaccins potentiellement gâchées qui iraient aux jeunes de la file d’attente spontanée. « Ca fait tellement mal au coeur de les voir s’aligner autour du pâté de maisons dès 2H00 du matin. Et je ne peux rien leur promettre« , soupire le Dr Abraham.

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