Trump, et maintenant ?

Quel avenir pour le milliardaire après quatre années de présidence ? Nouveau média, nouveau parti… les spéculations ne manquent pas. Une seule chose de sûre : son agenda sera chargé sur le plan judiciaire. Privé de l’immunité présidentielle, Donald Trump est mis en cause dans plusieurs affaires.

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« C’est juste un au revoir. Nous vous aimons, nous reviendrons, d’une manière ou d’une autre » lançait Donald Trump à ses supporters mercredi, juste avant de monter pour la dernière fois dans Air Force One. Direction la Floride, et sa villa de Mar-a-Lago, où le président sortant a posé ses valises. Depuis, silence radio, le compte twitter du milliardaire- son jouet préféré- ayant été suspendu « de manière permanente ». Redevenu un « simple » citoyen (on insiste sur les guillemets), il risque de voir son agenda des prochains mois occupé par une pile de dossiers juridiques.

Deuxième historique

Et tout d’abord, par son procès en destitution (le deuxième), qui devrait commencer la semaine du 8 février au Sénat. La chambre haute du Congrès devra statuer sur la culpabilité ou non du 45ème président des États-Unis, accusé d’avoir incité ses partisans à « l’insurrection » lors d’un discours ayant précédé l’envahissement du Capitole, début janvier. La constitution américaine imposant un seuil des deux tiers de voix pour condamner un président, « l’impeachment » reste à ce jour assez hypothétique, puisqu’il faudrait que 17 sénateurs républicains se rallient aux 50 Démocrates.

Si Trump était déclaré coupable, un nouveau vote pourrait avoir lieu (cette fois-ci à la simple majorité), qui déciderait de son éventuelle inéligibilité. Au-delà du symbole, la destitution du Républicain pourrait donc tuer dans l’œuf toute velléité d’une nouvelle candidature à la présidentielle de 2024.

Les affaires russes et ukrainiennes

En plus de l’« impeachment », le New York Magazine a relevé une douzaine d’enquêtes en cours concernant le magnat de l’immobilier. Parmi lesquelles, « l’enquête russe ». Menée par le procureur Robert Mueller, elle porte sur les liens possibles entre le gouvernement russe et la campagne présidentielle 2016 de Trump. Dans son rapport, Robert Mueller concluait ne pouvoir, faute de preuve matérielle, prouver de complicité volontaire côté américain, et se disait incapable de trancher sur l’obstruction à la justice reprochée au président. L’immunité de ce dernier désormais levée, il n’est pas impossible que le dossier soit relancé.

L’affaire « ukrainienne », qui a valu à Donald Trump une première procédure de destitution fin 2019, ne serait également pas close et serait désormais dans les mains d’un procureur de Brooklyn. Dans ce dossier, l’ex-président est soupçonné d’avoir gelé une importante aide militaire à l’Ukraine pour contraindre son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky, à ouvrir une enquête sur le fils de Joe Biden.

ADN et fisc

Le président sortant est également incriminé dans d’autres dossiers, qui relèvent du droit pénal des États. Ils datent d’avant son accession au Bureau Ovale, et ont trait à son comportement envers plusieurs femmes, qui l’accusent d’agressions sexuelles. Trump pourrait également devoir faire face à une accusation de viol, qui remonte aux années 90, et dans laquelle la victime dispose d’une robe portant l’ADN du violeur

Enfin, le fisc pourrait aussi en avoir après le milliardaire. En septembre, le New York Times révélait que Trump n’avait payé que 750 dollars d’impôts sur le revenu, et ce, plusieurs années de suite. De quoi lui valoir une poursuite pour fraude fiscale ?

« Évangéliste politique » 

Compte tenu de l’issue incertaine de la procédure de destitution en cours, la place qu’occupera Donald Trump sur l’échiquier politique dans les prochains mois et les prochaines années reste hautement spéculative. En novembre, le site américain Axios avait rapporté que le milliardaire cherchait à racheter la chaîne Newsmax pour concurrencer FoxNews, une chaîne ultraconservatrice qui a pendant longtemps reçu sa bénédiction. Créer un nouveau média pourrait permettre au milliardaire de continuer à peser sur le paysage politique, surtout après la suspension des canaux stratégiques pour sa communication qu’étaient Twitter et Facebook. L’hypothèse n’est en tout cas pas jugée absurde par Michael D’Antonio, auteur de plusieurs biographies de Trump. Ce dernier pourrait se muer en « évangéliste politique » (propos recueillis par l’AFP) sur sa propre chaîne de télé, accessible via abonnement, imagine D’Antonio.

À moins de créer carrément un nouveau parti politique, le « Parti patriote ». Le milliardaire aurait évoqué cette idée auprès de plusieurs collaborateurs, selon le Wall Street Journal pour qui le projet n’a toutefois peu de chances d’aboutir.

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