Joe Biden: l’investiture de tous les dangers

Entre la crise sanitaire et la menace de violences, la cérémonie d'investiture de Joe Biden, le 20 janvier, s'organise sous haute sécurité.

Washington devient une forteresse, moins d'une semaine avant l'investiture de Joe Biden. - AFP

Une investiture qui ne ressemblera à aucune autre. C’est ce qui attend Joe Biden, ainsi que sa vice-présidente Kamala Harris, qui doivent prêter serment le 20 janvier sur les marches du Capitole, à Washington. En cause: la pandémie, imposant des consignes sanitaires strictes pour contenir le coronavirus qui fait plus de morts par jour que le 11 Septembre. Mais aussi la crainte de nouvelles manifestations violentes, deux semaines après l’insurrection au sein de ce temple de la démocratie américaine.

Malgré un appel au calme et à l’unité de la part de Donald Trump mercredi, la menace plane sur Washington, et le reste du pays. Selon un récent rapport interne du FBI, cité par les médias américains, des actions violentes sont à craindre dans les 50 États américains et la capitale, en cas de retrait du pouvoir au président sortant, visé par une deuxième procédure de destitution. La note, envoyée aux forces de l’ordre de tout le pays, évoque un « groupe armé identifié » qui se prépare à « prendre d’assaut » des bâtiments gouvernementaux, dans les prochains jours et jusqu’à l’investiture du président démocrate.

20.000 militaires armés

Le bureau fédéral a appelé les autorités locales à prendre leurs dispositions. Car la menace est sérieuse. Des incidents ont d’ailleurs déjà eu lieu le week-end dernier. Samedi, par exemple, des hommes armés ont protesté devant le Sénat du Kentucky contre le gouverneur démocrate Andy Beshear et le sénateur républicain Mitch McConnell, leur reprochant d’avoir reconnu la victoire de Joe Biden.  

Critiqué pour avoir tardé à déployer la Garde nationale lors des violences du 6 janvier à Washington, le Pentagone n’a pas lésiné sur les moyens pour assurer la sécurité lors de la cérémonie. 20.000 militaires seront ainsi mobilisés – et armés – le 20 janvier prochain. C’est plus qu’en Irak et en Afghanistan combinés.

Des militaires devant le Capitole à Washington

Quelques milliers de militaires de la Garde nationale sont déjà sur place. – AFP

La foule absente

Face au risque de violences et dans un contexte de crise sanitaire, les autorités font tout pour dissuader la population d’assister à la cérémonie d’investiture. L’immense esplanade du National Mall, où se rassemble habituellement une marée humaine pour célébrer le nouveau président des Etats-Unis, sera fermée au public. Un « champ de drapeaux » sera installé sur une partie de la pelouse pour représenter « les citoyens américains » qui n’ont pu faire le déplacement.

L’offre d’hébergement sera aussi limitée avec la fermeture probable de certains hôtels, a estimé mercredi la maire démocrate de Washington, Muriel Bowser, tandis que la plateforme Airbnb a décidé de bloquer ou d’annuler toute réservation dans la capitale durant la semaine de l’événement.

Sous le signe de l’unité

Cette année, exceptionnellement, les Américains sont donc appelés à suivre cette cérémonie de façon virtuelle, en ligne ou à la télévision, mais de chez eux. Le camp démocrate s’efforcera toutefois de sauvegarder la dimension festive de l’événement, avec la participation de Lady Gaga et de Jennifer Lopez. Selon les médias américains, Tom Hanks présentera également une émission spéciale, diffusée simultanément sur toutes les grandes chaînes américaines, au soir de l’investiture, avec des invités musicaux comme Jon Bon Jovi, Justin Timberlake ou Demi Lovato.

Dans un contexte particulièrement tendu, alors que les Etats-Unis subissent les ravages d’une pandémie de Covid-19 hors de contrôle, Joe Biden cherchera à promouvoir un message d’unité. « Nous nous en sortirons ensemble », a promis l’ancien vice-président de Barack Obama, après avoir dévoilé son plan de relance titanesque. « Mais nous ne pouvons pas le faire dans un pays séparé, divisé », a-t-il ajouté. « La seule façon de le faire, c’est de se rassembler en tant qu’Américains. »  

Trois de ses prédécesseurs, sur les cinq encore en vie, seront présents: Barack Obama, Bill Clinton et George W. Bush. Jimmy Carter a décliné l’invitation en raison de son grand âge, 96 ans. Quant à Donald Trump, il a annoncé qu’il n’assistera pas à l’investiture de son successeur, dérogeant une fois de plus à la tradition sans se soucier du reste.

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