Qui sont les insurgés du Capitole ?

Complotistes, suprémacistes blancs ou simples perdants de la mondialisation, les hordes qui ont envahi le Congrès américain sont bien des supporters de Donald Trump.

 

Belga

Pour la complosphère, ça ne fait pas de doute, les hordes qui ont envahi le Capitole le 6 janvier sont des « antifa » d’extrême-gauche se faisant passer pour des supporters de Trump. Aucun Trumpiste ne s’en serait pris à la police ! Décidément, le complot est partout.

Pourtant, plusieurs dizaines de ces personnes ont été identifiées, photos à l’appui. Le doute n’est pas permis, ceux qui ont envahi le Capitole sont bien des soutiens à Donald Trump. Proud Boys, alt-right, QAnon, néo-nazis ou de simples perdants de la mondialisation qui sont restés à l’extérieur… On fait le point.

Proud Boys, QAnon, « white supremacists »

La femme morte abattue par un membre de la sécurité du Capitole alors qu’elle tentait de franchir une porte barricadée est Ashley Babbitt, militaire et membre de QAnon, ce groupe conspirationniste qui considère Donald Trump comme l’élu qui va sauver l’Amérique de l’Etat profond dirigé par un réseau de démocrates pédophiles et satanistes. QAnon est un groupe qui s’est fait connaître ces dernières années, suivant Trump dans tous ses rallyes. Il a envoyé sa première élue à la Chambre en novembre dernier en la personne de Marjorie Taylor Greene.

Autre figure connue du mouvement QAnon, Jack Angeli. C’est l’homme torse nu à la fourrure qu’on aperçoit sur plusieurs photos (il ne s’agit donc PAS du chanteur Jamiroquai!). Jack Angeli est surnommé « Q Shaman » et outre son appartenance à la mouvance conspirationniste, il porte fièrement un tatouage néo-nazi : les trois triangles, symbole viking récupéré par le mouvement Wotan, des blancs suprémacistes. Par ailleurs, Jack Angeli a déjà posé en photo avec Rudy Giuliani, ancien maire de New York et avocat de Donald Trump.

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A sa droite, les autorités ont reconnu Jason Tankersley, professeur de MMA (un sport de combat) de 39 ans connu pour avoir traîné dans les cercles néo-nazis  et suprémacistes blancs de Baltimore depuis 2004. Il a cependant nié avoir été sur place mercredi.

L’homme qui s’est assis sur le siège de la présidente de la Chambre Nancy Pelosi est un activiste du droit à porter des armes de l’Arkansas.

Les autorités ont aussi reconnu Phil Ochs, un leader des Proud Boys, ce groupe d’extrême-droite anti-migrant que Donald Trump a « adoubé » lors du premier débat en direct face à Joe Biden. Phil Ochs est aussi un membre du collectif au doux nom de « Murder the Media ».

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Perdants de la mondialisation

A côté de ces activistes d’extrême-droite organisés, le site Pitchfork a noté la présence du chanteur du groupe rock indépendant Ariel Pink. Celui-ci a expliqué sa présence en soutien du président, mais n’est pas rentré dans le Capitole. Il y a aussi, surtout, des milliers d’anonymes, des chauffeurs de camions, des travailleurs dans la construction, des gens qui souffrent de la mondialisation et se sont tournés vers Trump pour les sortir du marasme économique.

Toutes les personnes interrogées sur place se méfient des médias traditionnels comme de la peste. Plusieurs journalistes ont ainsi été pris à partie et du matériel a été détruit : des caméras écrasées, des câbles transformés en noeud coulant… Interrogé par le New York Times, un dénommé Aaron, qui est entré dans le Capitole et s’est contenté de fumer à l’intérieur du building, a expliqué : « On a voulu montrer à ces politiciens que ceux qui ont le pouvoir, ce sont nous, pas eux. Nous avons la force ».

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