Un bon premier jour pour des soldes auxquelles plus personne ne croit

Le secteur du commerce tire un bilan positif de ce lundi mais beaucoup d'indépendants sont très pessimistes pour ces soldes d'hiver. Les stocks sont remplis et les promotions déjà très élevées... 

Des réductions très élevées dès le premier jour (Crédit: Belga)

Habituellement, qui dit nouvelle année, dit fêtes, réveillons, mais aussi soldes. En effet, les fans de shopping attendent souvent le mois de janvier et ses nombreuses réductions pour aller faire les magasins, de vêtements principalement. Et après une année 2020 plutôt morose pour le secteur du commerce, à l’arrêt plusieurs mois, les gérants de boutiques de tout le pays misent beaucoup sur cette période, qui leur permet habituellement de vider leurs stocks tout en réalisant un bon chiffre d’affaire.

Sans boule de cristal, difficile de prédire les résultats du mois, mais en tout cas, selon Comeos, la fédération du commerce, ce premier jour s’est bien déroulé, « doucement, mais sûrement », selon les dires de Kathy Bergen, Sector Manager Fashion de Comeos. Un constat tout à fait classique selon elle. «C’est tout à fait normal pour un lundi après les vacances de Noël. Nos commerçants sont satisfaits, même s’ils s’attendent à plus de monde samedi ».

En effet, contrairement à d’habitude, il a été décidé de ne pas faire démarrer les soldes le samedi 2 pour éviter un afflux trop important dans les rues et centres commerciaux. Ce lundi est un bon signe pour la suite, car 2021 devra être une belle année pour le secteur. Il va falloir rattraper les pertes de 2020. Car même si les magasins étaient ouverts, décembre n’a pas été aussi bon qu’espéré. Les clients ont eu moins d’occasions d’offrir des cadeaux et aussi moins d’occasion de se mettre sur leur 31, faute de réveillons en grande pompe (normalement).

Ambiance morose

Pourtant, cette année, à croire les résultats des enquêtes du Syndicat Neutre des Indépendants (SNI), les commerçants ne se frottaient pas les mains à l’approche de ces soldes d’hiver. Selon leur étude, plus des deux tiers s’attendent à des ventes inférieures par rapport à janvier 2020, et pour un peu de la moitié, la différence serait d’au moins 10%. 

Cependant, ils auraient bien besoin que les clients se ruent dans leurs rayons et dévalisent les étalages. En effet, après les différentes périodes de fermeture, les stocks sont bien plus remplis qu’ils ne devraient l’être.

D’après les chiffres du SNI, la grande majorité des magasins ont encore plus la moitié de leurs articles sur les bras.  « L’étude a montré que 7 commerçants sur 10 ont encore entre 50 et 60% de leur stock, pour plus de 15%, cela va même jusqu’à 80% », précise le syndicat.
Une seule solution pour s’en débarrasser : brader un maximum, et donc, forcément, diminuer les bénéfices. Selon Comeos, les commerçants proposent déjà des remises de -40% et -50% alors que le mois commence à peine.

A deux, c’est mieux

Ces réductions importantes et cette négativité ne sont pas difficiles à comprendre. Les courbes épidémiques ne baissent que très doucement et le virus circule toujours dans le pays. Les mesures sanitaires sont donc toujours strictes. Et parmi celles-ci, interdiction de se rendre dans un magasin à plusieurs et d’y rester plus de 30 minutes. Ce n’est évidemment pas le genre de cadre qui fait du shopping un loisir ou qui transforme la recherche de bonnes affaires en un moment de détente.

Selon le SNI, il faudra assouplir ces règles dès que possible. « Nous demandons donc au gouvernement qu’il soit à nouveau autorisé de faire son shopping à deux partout », clame le syndicat, pour qui la baisse du taux d’infection est une signe encourageant en ce sens. 

Pour l’organisation, assouplissement des mesures et gestes barrières ne sont pas incompatibles et garder le même règlement qu’en août pour ces soldes serait une erreur.  « Il s’est avéré à l’époque que la période de soldes avait été une catastrophe, car le fait de faire ses courses seul n’encourageait pas les consommateurs à faire du shopping. Le gouvernement ne doit pas faire la même erreur. Dans le cas contraire, les soldes d’hiver risquent de manquer complètement leur cible et de se transformer en un nouveau fiasco pour les commerçants. Si nous voulons endiguer la vague de faillites, les clients devront continuer à venir dans les magasins autant que possible ».

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