Ce que l’accord post-Brexit va changer pour les Belges

Après des mois de longues et difficiles négociations, l'Union européenne et le Royaume-Uni sont arrivés à un accord post-Brexit, de justesse. Une séparation historique qui aura tout de même des conséquences sur la Belgique.

Boris Johnson - AFP

Jeudi 24 décembre, à une semaine de la date butoir, un accord post-Brexit a été conclu entre le Royaume-Uni et ses vingt-sept voisins. Le « no deal » tant redouté a pu être évité. Mais le soulagement est tout de même amer. Quatre ans et demi après avoir choisi de quitter l’Union européenne, les Britanniques vont sentir les conséquences de leur choix. Les Belges aussi.

S’installer au Royaume-Uni

Ce 1er janvier marquera la fin de la libre circulation entre le Royaume-Uni et l’Union européenne. Concrètement, cela signifie que les Européens désireux de s’installer outre-Manche devront obtenir un permis de travail via le nouveau système d’immigration à points. Il faudra ainsi avoir une bonne connaissance de la langue anglaise ainsi qu’une offre d’emploi avec un salaire annuel d’au moins 26.500 livres (30.000 euros), même si des exceptions seront faites selon les secteurs.

Voyager au Royaume-Uni

Pour les voyages et séjours de moins de six mois, rien ne change avant le 1er octobre 2021. Ou presque. Les contrôles aux frontières risquent effectivement d’être plus longs. Selon le site des Affaires étrangères belges, la carte européenne d’assurance maladie ne sera plus valide dès le début de l’année. À partir du mois d’octobre, la carte d’identité ne suffira plus pour passer la frontière. Il vous faudra impérativement un passeport.

Une fois sur place, vous ne devriez pas payer plus pour appeler, envoyer un SMS ou utiliser Internet. Les opérateurs de télécommunications ont en effet décidé de ne pas appliquer – pour l’instant – de frais de roaming pour les voyageurs belges se rendant au Royaume-Uni.

Etudier au Royaume-Uni

Mauvaise nouvelle, par contre, pour les étudiants. Le Royaume-Uni sort du programme d’échanges Erasmus, alors qu’il en était le quatrième pays destinataire. Michel Barnier, le négociateur européen, l’a publiquement regretté. Après tout, des pays non-membres de l’Union Européenne, comme la Suisse et la Turquie, font partie du programme. Le Premier ministre britannique Boris Johnson a reconnu que la décision avait été « difficile », invoquant des questions de coût et annonçant un programme mondial pour le remplacer.

Michel Barnier

Michel Barnier, négociateur en chef de l’UE. – AFP

Pour les étudiants européens au Royaume-Uni – qui sont actuellement près de 150.000 – s’inscrire dans une université britannique sera désormais plus cher et plus compliqué.

Consommer « Royaume-Uni »

Les prix de la marmelade et des scones vont-ils augmenter? C’est bien possible. Certes, avec cet accord commercial conclu jeudi, l’Union européenne offre à son ancien État membre un accès inédit sans droits de douane, ni quotas. Toutefois, d’autres coûts vont s’ajouter au prix des produits exportés. Avec le Brexit, le Royaume-Uni sera bien considéré comme un pays tiers au regard des règles phytosanitaires. Cela signifie que les produits seront contrôlés à la frontière, imposant ainsi une charge administrative supplémentaire qui pourrait se traduire par une augmentation des prix.

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