Pourquoi cette photo fait le tour d’Instagram

Une publication de l'influenceuse « MyBetterSelf » est partagée en masse sur les réseaux sociaux. Le but? Sensibiliser à la précarité menstruelle et faire une belle action, en apparence pour certaines.

Louise Aubery, alias MyBetterSelf. - Capture d'écran/Instagram

Vous avez certainement vu cette photo passer en story sur Instagram, en vous demandant peut-être pourquoi cette femme porte une couronne de tampons, sous une pluie de billets. Cette femme, c’est Louise Aubery, plus connue sous le pseudonyme MyBetterSelf. Avec cette publication, l’influenceuse aux 460.000 abonnés tente, en partenariat avec la mutuelle Nutuus et la marque de protection périodique Nana, d’alerter sur la précarité menstruelle.

« 1,7 million. C’est le nombre de femmes en situation de précarité menstruelle en France.
Des femmes qui doivent choisir chaque mois entre acheter une boîte de tampons ou avoir assez à manger à la fin de la journée
», écrit-elle. La problématique n’est pas nouvelle, bien qu’encore tabou. Avec la crise économique engendrée par la pandémie, ce nombre a même augmenté. Mais alors pourquoi ce cliché de la photographe Louise Miquet s’est-il propagé à toute vitesse?

Car MyBetterSelf a lancé ce lundi 21 décembre un défi comme on n’en voit peu sur les réseaux sociaux. Pour chaque partage de sa publication en story, l’influenceuse explique que la mutuelle Nutuus et la marque d’hygiène féminine Nana s’engagent à reverser bénévolement une boîte de protections menstruelles à l’association Agir pour la Santé des Femmes. « Cette association vise à améliorer la prise en charge et l’état de santé des femmes et toutes personnes s’identifiant comme tel en situation de grande exclusion », précise l’adepte du body positive.

Feminism washing

Difficile de savoir combien de personnes ont répondu à l’appel, mais la publication dépasse le million de likes. Elle compte également 5.000 commentaires, qui ne sont pas uniquement positifs. Certains reprochent à l’influenceuse d’avoir opté pour des protections menstruelles jetables. Ce à quoi la jeune femme répond: « les femmes en situation de précarité menstruelle n’ayant souvent pas accès à un point d’eau, les culottes menstruelles ou les cups ne sont pas une option pour la majorité. Elles sont donc avant tout demandeuses de serviettes ou de tampons. »

D’autres critiques ciblent plus précisément la marque Nana, accusée notamment de manquer de transparence sur la composition de ses produits. « Cette entreprise empoisonne les femmes depuis des lustres. Elle fait cette opération marketing pour redorer son image et in fine faire plus de fric », dénonce une internaute en commentaire. Une critique partagée par le compte SPM ta mère. « Ne vous faites pas avoir, la marque Nana n’est pas associée à cette action pour la bonne cause », alerte-t-il, dénonçant ce « feminism washing ». Leslye Granaud, qui se cache derrière ce compte féministe, affirme que la société, appartenant au géant Essity, a profité de la baisse de la « taxe tampon » sans pour autant modifier ses prix, « pour se faire encore plus de fric ». La jeune femme préfère ainsi promouvoir des associations, qui luttent au quotidien contre la précarité menstruelle. En Belgique, où plus de 350.000 personnes sont concernées par ce sujet, on peut notamment citer le travail de BruZelle.

Capture d'écran de SPM Ta mère

Quoi qu’on en pense, la publication de MyBetterself a, peut-être inconsciemment, réaffirmé la nécessité d’avoir un accès gratuit aux protections périodiques. L’Ecosse est d’ailleurs devenu, le 24 novembre dernier, le premier pays au monde à rendre les ces produits essentiels gratuits. La Belgique sera-t-elle le deuxième?

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