Le virus « mutant » s’invite dans les négociations post-Brexit

Après la découverte d’une mutation du virus, la plupart des pays européens ont suspendu leurs liaisons avec le Royaume-Uni et les échanges commerciaux sont partiellement interrompus. De quoi influer sur l’issue des négociations en cours, à dix jours de la mise en œuvre effective du Brexit ?

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C’est presque un Brexit à l’envers. À dix jours de leur séparation effective, l’UE met le Royaume-Uni sur la touche, la plupart des pays européens, dont la Belgique, ayant provisoirement décidé de fermer leurs portes aux voyageurs venant d’outre-Manche. Prise sans beaucoup de coordination (comme souvent), la décision fait suite à la découverte d’une variante potentiellement plus contagieuse du Covid-19, dans le sud de l’Angleterre. Conséquence : une bonne dose de chaos vient s’ajouter à l’incertitude qui planait déjà sur la possibilité de trouver un accord sur les relations futures entre les deux parties.

Depuis dimanche soir, la France a fermé pour « au moins quarante-huit heures » le passage entre Calais et Douvres, un nœud logistique stratégique qui voit défiler plus de 4 millions de camions par an. Des embouteillages monstres se sont rapidement formés. D’un coup, le Royaume-Uni a vu passer le spectre de la pénurie ; dans les supermarchés, le rayons de légumes et fruits frais (essentiellement alimentés par des produits du continent) ont été pris d’assaut. À tel point que le Premier ministre Boris Johnson a dû se montrer rassurant, écartant l’hypothèse de ruptures dans l’approvisionnement. « La vaste majorité de l’alimentaire, des médicaments et des autres produits va et vient normalement », a-t-il expliqué, le reste des marchandises étant acheminé dans des conteneurs, par bateau.

Pas d’avancée dans les négociations

Certains ont vu dans les files interminables de poids lourds à l’arrêt une préfiguration de ce qui pourrait survenir en cas de « No deal » avec l’Europe. Avec les vérifications de marchandises à partir du 1er janvier, chaque camion transitant dans le port de Douvres risquera en effet de mettre quelques minutes de plus pour passer la frontière. De quoi faire apparaître de nouveaux embouteillages? À Londres, d’aucuns ont compris la fermeture du passage de Calais comme un coup de pression, destiné à montrer aux négociateurs britanniques les conséquences d’un « No deal ». « Les Français ne montrent aucune pitié » a ainsi titré le tabloïd The Sun, semblant oublier les impératifs sanitaires également en jeu.

Vu les perturbations « majeures » occasionnées par la mutation du virus, le maire de Londres, Sadiq Khan, et la Première ministre écossaise Nicola Sturgeon ont exprimé le souhait de demander « officiellement » une extension de la période de transition (qui se termine on le rappelle, le 31 décembre), le temps de trouver un accord. Demande déjà rejetée par Boris Johnson, qui s’est encore entretenu avec la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen ce lundi. Sans grande avancée, les négociations post-Brexit continuant d’achopper sur la question de l’accès aux eaux britanniques pour les pêcheurs européens et sur les quotas de pêche à répartir entre Europe et Royaume-Uni.

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