La fabuleuse histoire du solstice d’hiver

Avant de marquer la naissance du Christ, la fête de Noël célébrait le retour du soleil durant les sombres journées d'hiver. Petit retour historique et légendaire.

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Ca y est, nous avons gagné une minute de clarté ! Enfin une bonne nouvelle ! (par les temps qui courent, soyons positifs!) Et on doit cette bonne nouvelle au solstice d’hiver, ce moment où le soleil, vu de la Terre, atteint sa position la plus septentrionale. Cela signifie que le soleil a survécu à ses jours les plus noirs, les plus courts et qu’il va continuer à nous éclairer, chaque jour un peu plus. Cet événement, car c’en est un, se déroule autour du 21 décembre et il est fêté depuis la nuit des temps dans toutes les civilisations. De nos jours, on appelle cette fête Noël.

 

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Comment le solstice d’hiver est-il devenu Noël ?

 

Chez les Celtes, les Vikings, chez les Perses et les Hindous, le solstice d’hiver (comme celui d’été qui marque le jour le plus long de l’année) est fêté comme il se doit : durant des semaines ! Mais c’est à Rome que nous allons nous arrêter. Là-bas, durant l’Antiquité, la fête se nomme Les Saturnales et célèbrent le dieu Saturne. Mais elles s’arrêtent trop tôt, autour du 23 décembre. On y ajoute donc la fête du « Sol Invictus », soit du « soleil invaincu » pour bien marquer le triomphe du soleil sur les ténèbres. Vers 270 après JC, l’empereur Aurélien fait de ce « soleil invaincu » le patron de l’Empire. Et de la fête, donc, la plus importante de Rome.

 

L’empereur Constantin était lui-même adepte du « Sol Invictus » avant de se convertir au christianisme, permettant à celui-ci de se répandre dans l’empire avant d’en devenir la religion officielle. Pendant un siècle, un syncrétisme religieux se développe donc à Rome. La figure du Christ remplaçant progressivement celle du « soleil invaincu ». En 380, le culte du « Sol Invictus » est officiellement interdit, remplacé par la fête de Noël qui célèbre la naissance du Christ.

 

Jésus est-il né un 25 décembre ? Personne n’en saura jamais rien. Ce qui est certain, c’est que la fête chrétienne s’installe sur les cendres des célébrations liées au solstice d’hiver. Mais ailleurs, on continue de célébrer le soleil. En Scandinavie, par exemple, où « Yule » bat son plein.

 

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Le Père Noël, avatar du dieu Odin

 

Dans le Grand Nord où les jours les plus courts sont vraiment très, très courts, on ne lésine pas sur les festivités pour marquer la renaissance du soleil ! « Yule » est une fête qui dure une douzaine de jours : danse, théâtre, banquet et partout, les lumières du feu pour guider dans l’obscurité de l’hiver. Le patron, ici, s’appelle Odin, le dieu Viking, borgne, à la longue barbe blanche qui monte sur son valeureux cheval à huit pattes Sleipnir.

 

A la fin du XIXe siècle, la figure de Santa Claus a déjà supplanté celle de Saint-Nicolas dans le monde anglo-saxon. Mais c’est Coca-Cola qui va le populariser dans le monde, à partir des années 30. La marque de soda va l’habiller en rouge (et non plus en vert), l’affubler de huit rennes qui tirent son chariot et placer sa maison en Laponie, à l’extrême nord de la Scandinavie. Bref, le Père Noël s’installe chez Odin, et en récupère quelques attributs au passage – comme il l’avait déjà fait avec Saint-Nicolas.

 

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Bûche, houx et sapin

 

Devenue une fête chrétienne, le solstice d’hiver n’en a pas moins conservé quelques attributs. Ainsi, le bûche de Noël était au départ une bûche qu’on faisait brûler plusieurs jours et plusieurs nuits pour marquer le retour du soleil et de la lumière, plus forts que le froid et les ténèbres. Quant au houx, il était déjà utilisé à Rome durant les Saturnales comme espoir de vie immortelle durant les jours d’hiver et pour souhaiter les meilleurs voeux à ses proches. Avec l’arrivée du christianisme, le houx a continué de peupler les foyers et est devenu le symbole du Christ avec ses feuilles piquantes rappelant la couronne d’épines et les baies rouges le sang de Jésus. Quant au sapin de Noël, il symbolisait le renouveau et la vie parmi les peuples germaniques, car même durant les journées les plus froides et les plus sombres, il gardait ses feuilles.

 

Sur ce, Joyeux Noël !

 

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