Ce que la panne de Google dit de notre dépendance

Le géant américain Google a subi une vaste panne ce lundi, affectant ses différents services et paralysant Internet durant près d'une heure. Une autre preuve de son monopole sur nos vies numériques, que les Etats, l'Europe en particulier, entend briser.

La panne de Google a duré moins d'une heure. - BELGA PHOTO/LAURIE DIEFFEMBACQ

Ni YouTube, ni Gmail, ni Google Maps… À l’exception de son célèbre moteur de recherche, les services de Google ont été perturbés par une panne inédite, ce lundi 14 décembre, qui empêchait leur utilisation dans de nombreux pays à travers le monde. L’incident a duré un peu moins d’une heure, mais cela a suffi à créer un vent de panique sur les réseaux sociaux. Le hashtag #GoogleDown a rapidement dominé les tendances sur Twitter, dès l’apparition des premiers problèmes techniques, démontrant l’omniprésence du géant américain dans nos vies quotidienne et professionnelle. D’autant plus à une époque où la pandémie a imposé le télétravail à des millions de personnes.

De nombreux internautes ont partagé leur désarroi face à l’inaccessibilité de Google Drive en plein blocus, de Google Slides en pleine réunion ou encore de Google Home, enceinte connectée qui commande une série d’appareils par la voix. « Je suis assis dans le noir dans la chambre de mon enfant parce que la lumière est contrôlée par Google Home. Je reconsidère… beaucoup de choses en ce moment », confie un père de famille, tandis qu’un autre utilisateur se plaignait de ne plus avoir accès à son thermostat.

Une dépendance collective

Cette panne « pointe du doigt la dépendance à la multitude des outils Google », estime à France Info Nicolas Arpagian, expert en cybersécurité, qui appelle à diversifier « les fournisseurs de manière à ne pas être dépendant de la disponibilité de l’un d’entre eux. » Un avis partagé par Adam Leon Smith, un représentant de l’entreprise de contrôle de logiciels financiers BCS dans The Guardian: « Notre dépendance à la technologie est devenue immense, mais la fiabilité, le contrôle et la qualité n’ont pas suivi. De nombreuses compagnies vont revoir leurs accords avec Google et réaliser que leur business dépend d’un empilement extérieur qui leur échappe complètement. »

Contre la toute-puissance des géants du numérique

Cet incident est survenu alors que les Gafam (Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft) sont dans le collimateur des dirigeants européens. Accusés d’abuser de leur position dominante sans assumer leurs responsabilités, ces géants du numérique devront désormais se plier aux règles européennes, sous peine de sanctions. L’UE vient en effet de dévoiler son projet de régulation, afin de mettre de l’ordre dans ce qu’elle appelle le « Far West du numérique ».

« L’objectif n’est pas de faire disparaître les grandes plateformes, mais de leur imposer des règles pour éviter qu’elles fassent peser des risques sur notre démocratie », explique le commissaire au Marché intérieur Thierry Breton, qui porte le dossier avec la vice-présidente en charge de la Concurrence, Margrethe Vestager. L’exécutif européen propose ainsi deux textes: le Règlement sur les services numériques et celui sur les marchés numériques, afin de mieux réguler les contenus en ligne et d’assurer une concurrence plus équitable entre les petits et grands acteurs du numérique.

Ce projet sera encore négocié pendant au moins un an avec le Parlement européen et les Etats membres. Ce qui laisse du temps aux mastodontes américains d’organiser leur riposte, à coups de lobbying intense, pour tenter de torpiller ces textes.

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