Brexit : les conséquences d’un « no deal » pour les Belges

C'est ce dimanche qu'ont lieu les ultimes négociations entre le Royaume Uni et l'Union européenne. Que signifierait concrètement un divorce sans accord ?

Belga

C’est la dernière ligne droite. Ce soir, les négociations entre l’Union européenne et le Royaume Uni devraient arriver à leur terme. Des deux côtés, le pessimisme est de mise. De l’aveu même de Boris Johnson, on se dirige vers un « no deal ». Coup de bluff ? La sortie du Royaume Uni de l’Europe sans accord est en tout cas de plus en plus probable. Quoi qu’il arrive, le Brexit va amener des changements. Concrètement, quelles vont être les conséquences pour nous autres Belges ?

 

Concrètement, qu’est-ce que ça change ?

 

Des déplacements plus compliqués. Aujourd’hui, on peut arriver à Londres en un peu plus de deux heures. De Bruxelles, cela prend moins de temps que d’aller en Gaume. Avec le Brexit, ce ne sera plus le cas. Les contrôles aux douanes seront renforcés. De plus, en cas de « no deal », il faudra impérativement un passeport, même si c’est pour ne passer qu’un week-end à Londres. A partir de janvier, tout Européen qui souhaite étudier ou travailler en Angleterre aura besoin d’un visa.

 

Des produits et denrées plus rares et plus chères. Fans de Doc Marten’s, de thé de chez Mark & Spencer ou de disques britpop ? Ces produits risquent d’être plus difficiles à trouver (du moins, ça prendra plus de temps pour les avoir) et plus chers. De l’autre côté aussi, ça va se complexifier, les entreprises belges qui exportent en nombre du chocolat, de la bière et autres joyeusetés de chez nous ne vont plus le faire aussi facilement.

 

En clair, les Britanniques sortent du marché commun et vont donc avoir des normes différentes des Européens sur leurs produits. Il va falloir vérifier que les produits qui entrent et sortent respectent les normes sanitaires ou les certifications en vigueur de chaque côté de la Manche. Résultats, on peut déjà observer des files de camions sur les routes menant à Douvres et au tunnel sous la Manche. Des embouteillages de plusieurs kilomètres qui ne risquent pas de s’amenuiser. Ajoutez à cela un tarif douanier et vous vous retrouvez avec des produits britanniques plus difficilement accessibles et plus chers.

 

Risques de pénurie de certains médicaments. A noter que ce sera aussi le cas des médicaments. Selon les règles de l’OMC, il n’y aura pas de tarif douanier sur ceux-ci, mais il faudra vérifier les normes sanitaires à la frontière comme pour tout autre produit, vu que les entreprises pharmaceutiques britanniques ne suivront plus (exactement) les mêmes normes qu’en Europe. Or, l’Union importe chaque année 45 millions de boîtes de médicaments chaque année (contre 37 millions dans l’autre sens).

 

Plus d’accès aux eaux britanniques pour pêcher. Ce qui, pour les pêcheurs de la mer du Nord, n’est rien moins qu’un désastre. Moins d’espace maritime, moins de poissons, moins de revenus… La plupart des poissons pêchés par les Européens du Nord le sont dans les eaux britanniques. Déjà, Boris Johnson a indiqué que la Royal Navy pourrait être déployée afin de protéger les zones de pêche britanniques. Quatre bateaux seraient ainsi dépêchés dès le 1er janvier, pour empêcher les pêcheurs belges, hollandais ou français à venir pêcher en eaux britanniques. On se croirait presque revenu au temps des guerres napoléoniennes…

 

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