Transmission du Covid-19 dans les écoles primaires: on n’en sait pas encore assez

Trois universités lancent une étude sur la propagation du virus dans les établissements de l'enseignement primaire. Le but: mieux comprendre à quel point un enfant contaminé peut infecter ses camarades, le personnel enseignant, voire les parents des autres élèves.

Un lieu propice à la transmission du virus ? ©Belga

Dès le début de la crise, un des aspects du coronavirus a été rapidement détecté : les enfants qui le contractent ne risquent quasi rien. Ils ont donc eu droit à une traitement de faveur côté mesures sanitaires, et c’est bien normal.  

Les écoles primaires ont donc été soumises à un régime de règles moins strictes aussi, à l’exception des adultes. Mais le sujet des relations entre les enfants, l’école et la propagation du virus pose toujours question, puisque nous n’en savons pas encore assez sur le sujet.

En Belgique, université et monde politique ont décidé qu’il était temps d’éclaircir cette zone d’ombre.

La Libre rapporte ce lundi que trois universités (UCLouvain, Uliège et ULB) viennent de lancer une étude épidémiologique pour comprendre comment le Covid-19 circule au sein des écoles primaires. Une étude soutenue par l’ONE, Sciensano et la Fédération Wallonie-Bruxelles, qui finance cette recherche à hauteur d’un million d’euros.

L’idée étant de découvrir si et comment le coronavirus se transmet entre les enfants, des écoliers aux professeurs et membre du personnel et vice-versa, mais également si un élève infecté peut finalement contaminé un membre de la famille d’un autre élève, par contacts interposés. 

6 semaines

L’étude en elle-même va démarrer dès ce lundi, mais pas la collecte de données. En effet, il va d’abord falloir déterminer les écoles analysées afin d’obtenir un échantillon varié en tailles et en indices socio-économiques, mais aussi inclure autant des établissements épargnés par la maladie lors de la première vague que d’autres qui ont été très touchés. Objectif visé: 8 écoles, 72 classes, 2.400 enfants et 200 adultes.

Chaque participant subira un test sérologique, permettant de révéler qui a déjà été contaminé auparavant. Ensuite, durant 6 semaines, élèves et membres du personnel seront testés toutes les semaines. Enfin, différents questionnaires remplis par les professeurs ou parents d’élèves ajouteront plus de détails à cette recherche. Qui est parti en vacances en zone rouge ou qui a eu un parent malade dernièrement, par exemple.

L’entourage et le monde extérieur responsables

Les chercheurs espèrent obtenir des résultats positifs à la suite de cette étude, permettant aux écoles primaires de continuer de fonctionner aussi normalement que possible, comme c’est déjà le cas. Mais à l’étranger, le sujet a déjà été abordé par plusieurs recherches. Au Royaume-Uni, notamment, où une étude du mois de juin a suivi adultes et enfants dans les écoles primaires, lors des 6 dernières semaines de l’année scolaire.

A l’époque, l’épidémie était plutôt maîtrisée et les mesures sanitaires étaient d’application dans les écoles. Seul 0,01 % des établissements ont eu une épidémie de cas Covid-19 en leur sein. Au final, seuls 70 enfants et 128 adultes ont été touchés, alors qu’il y avait plus de 25.000 cas en Angleterre à ce moment. L’étude prouve également que c’est plutôt le monde extérieur qui est responsable de la propagation du virus dans les écoles, et non l’inverse.

En France également, une étude de l’Institut Pasteur tire des conclusions similaires. Après avoir analysé 1340 personnes, seules 10,4 % d’entre elles ont été testés positives. Et là encore, les résultats tendent à prouver que ce sont les parents qui infectent leurs enfants et pas l’école.

A plus grande échelle, les résultats confirment aussi cette hypothèse. Une étude du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies d’août conclut que la transmission entre enfants à l’école est rare, et qu’avec des mesures appropriées, les écoles ne sont pas plus propices à la propagation qu’un autre lieu aussi peuplé. Mais elle indique également que si un enfant symptomatique transmet le virus comme un adulte malade, on ne sait pas à quel point un enfant asymptomatique est contagieux.

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