Le parti de Viktor Orban, conservateur… en apparence

Le cas de l'eurodéputé Joszef Szajer, pris sur le fait en pleine « lockdown partouze » à Bruxelles, est la troisième affaire de moeurs qui touche le Fidesz en treize mois.

Le parti de Viktor Orban, conservateur… en apparence

Autoproclamé défenseur des « valeurs chrétiennes-conservatrices » de la Hongrie, prônant le modèle familial traditionnel un homme/une femme au point de l’inscrire dans la Constitution, le Fidesz, le parti de Viktor Orban, au pouvoir en Hongrie depuis dix ans, se positionne aussi ouvertement homophobe et contre les droits de la communauté LGBTQ+. 

Exemples de cette homophobie qui gangrène le parti et la société hongroise : le retrait d’une pub Coca-Cola qui montrait deux personnes de même sexe s’embrasser, la déprogrammation de Billy Elliott à l’opéra national, la comparaison entre homosexualité et pédophilie lancée par le président de l’Assemblée nationale, le refus de reconnaître juridiquement les personnes transgenres et la sacralisation, dans la Constitution, du mariage homme-femme comme seul qui vaille.

Sauf que c’est à Joszef Szajer, eurodéputé pris sur le fait en pleine partouze gay à Bruxelles, qu’on doit la responsabilité de cette nouvelle Constitution adoptée en 2012, lui qui en était le principal architecte.

Un homophobe dans une partouze gay

Ce n’est pas la première affaire de moeurs qui éclabousse le Fidesz. Qui se veut pourtant le parti de la tradition et de la transparence. En octobre 2019, Zsolt Borkai, bourgmestre de la ville de Györ, était filmé sur son yacht sur la mer Adriatique avec cocaïne et prostituées à volonté. Quatre mois plus tard, c’est le diplomate Gabor Kaleta qui était épinglé par le tribunal de Budapest pour un scandale pédophile – son ordinateur comprenait plus de 19.000 clichés pédo-pornographiques. Un scandale qui a pour la première fois bousculé le Fidesz lors d’élections municipales – le parti perdant 10 grandes agglomérations sur 23. Et voici qu’arrive cette « lockdown partouze » arrosée…

Le Fidesz, parti conservateur seulement en apparence ? L’opposition hongroise, de la gauche à l’extrême-droite, profite de cette nouvelle affaire pour accuser le parti d’Orban d’« hppocrisie » et de « faillite morale ».

Par ailleurs, cette « lockdown partouze » a lieu alors que Viktor Orban est occupé, avec la Pologne, à bloquer tout accord sur le budget européen, et donc sur le plan de relance car les autres Etats-membres veulent y ajouter une clause sur le respect de l’Etat de droit. C’est que, en plus de discriminer la communauté LGBT+, Orban cherche à museler la justice et la presse de son pays.

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